Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

En route pour le salon EICMA 2025! - Visite du salon et réflexion sur la production motocycliste

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Mardi matin. Nul besoin de réveil pour sortir du sommeil. La perspective d'assister à ce très beau salon de la moto est suffisamment motivant.Vingt minutes de train et j'arrive dans les premiers à la foire exposition théâtre de ce grand évènement dédié à la moto. Il me faut attendre plus d'une demi-heure avant l'ouverture des portes. Tant mieux, j'aime cette douce attente pendant laquelle je m'imprègne de l'atmosphère de l'endroit, un peu comme au cinéma où je vais m'installer sur mon siège en regardant la salle se remplir.

Tiens, j'aperçois Laurent Cochet qui arrive.

C'est l'heure! D'abord, une longue marche dans la travée centrale et enfin, le grand bain. Place à la visite!

 

S'ensuivent deux jours à crapahuter d'un stand à l'autre, essayant de capter tout ce qui est offert au visiteur privilégié que je suis. Et il y a de quoi voir! Stands des constructeurs, du plus gros (celui de QJ Motor) au plus modeste, stands des équipementiers et ils sont très nombreux. Dans cette catégorie, il y a ceux destinés à montrer les produits proposés et ceux, souvent discrets (et chinois!) où semblent se mettre en place d'âpres négociations entre de potentiels acheteurs et des firmes avec des catalogues plus ou moins fournis, plus ou moins spécialisés.

C'est ma troisième visite ici et le développement des constructeurs chinois m'est apparu tellement évident. Cette année, j'ai vu de nouveaux constructeurs, j'ai constaté que certains avaient grandi, avec une gamme de motos en hausse. Parallèlement, je dois reconnaître m'être parfois un peu perdu dans cette ribambelle de motos, avec cette étrange impression de machines sans véritable personnalité. Je m'explique; mon sentiment (mais c'est aussi la réalité), c'est la possibilité de trouver en Chine des usines capables de fabriquer des motos pour n'importe quel constructeur. Au final, cela donne des motos que l'on retrouve chez plusieurs constructeurs, souvent "européens, italiens" (en fait rachetés il y a de nombreuses années par les Chinois). J'ai eu parfois du mal à identifier le moteur équipant certaines motos présentées, avec l'impression de retrouver la même mécanique chez plusieurs d'entre elles. Fini le temps où chaque constructeur possédait ses propres motorisations aussi bien chez les constructeurs japonais qu'européens. C'est assez perturbant au final car cela ne permet pas d'assimiler une marque à sa motorisation ou parfois à la moto quasi entière car cette dernière est comme "dupliquée". Cela relativise cette abondance de motos chinoises qui, parfois, ont donc trop tendance à se ressembler.

Tout en écrivant cela, j'ai cependant eu le fort sentiment que l'on en est au début de la lame de fond chinoise. J'ai en effet pu voir de plus en plus de nouveaux moteurs exposés. Les constructeurs chinois ont conçu des motorisations de toutes sortes. Ce qui m'a étonné, c'est la présence du V-twin progressivement abandonné par les Japonais notamment. Je l'ai aperçu sur différentes motos, de la 125 cm3 au custom de grosse cylindrée. Mais j'ai aussi vu un ... flat-twin, oui comme chez BMW, mais dans une cylindrée plus faible. Les bicylindres en ligne sont nombreux, mais on trouve aussi des trois et quatre cylindres en ligne , mais aussi des V4. Bref, il y a une ribambelle de moteurs en cours de développement ou déjà en production.

Autre fait marquant, c'est la progression indéniable de la motorisation électrique. Et, hormis quelques rares constructeurs de motos routières électriques, c'est du coté de la mobilité urbaine, terme ô combien utilisé actuellement, que la motorisation électrique prend réellement son envol. Cela me parait tout à fait normal car l'autonomie très faible est un frein certain à l'achat d'une moto électrique. Quand je pense aux 1500 kilomètres que je viens d'effectuer pour me rendre à Milan, je n'ose imaginer ce que cela aurait donné au guidon d'une Zero par exemple... Par contre, les scooters ont parfaitement leur place, de même que les motos de tout-terrain; pour ces dernières, outre les faibles distances parcourues à leur guidon, la nocivité des moteurs à essence (bruit, pollution) dans la nature ne peut que favoriser le développement des moteurs électriques. J'ai d'ailleurs noté, chez les fabricants de motos tout-terrain, la présence presque systématique d'un modèle électrique préfigurant un avenir proche.En tout cas, les Chinois semblent avoir pris le virage de l'électrique vu les très nombreux stands qui lui été dédiés. Motos de route ou tout-terrain, scooters, quads mais aussi beaucoup de voiturettes présentes ou des véhicules utilitaires destinés au transport de marchandises dans le milieu citadin. Je m'éloigne du domaine du deux roues mais impossible de ne pas parler de ces véhicules qui vont certainement fleurir dans nos villes prochainement.

Pour terminer, les vélos sont présents dans beaucoup de stands mais ils sont rarement dépourvus d'assistance électrique désormais.

 

Assez parlé, il est temps de faire un petit tour des principaux stands. Mon article n'a aucunement la prétention de faire une liste exhaustive des motos présentées ( je n'ose imaginer le travail que cela représenterait!); il est juste le reflet de ma passion mais avec un goût prononcé pour les trails (je roule à moto depuis 45 ans mais en trail exclusivement depuis 1990...). C'est donc cette catégorie de motos qui a tendance à attirer mon regard. Ne soyez donc pas étonnés de ne rien trouver sur certaines motos...