Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

 

Prendre la route. C’est une expression que j’aime. Et, ce matin, une fois de plus, la route s’offre à moi. J’ai 9 jours en devenir pour me l’approprier, à emprunter des itinéraires qui, je le sais, vont se construire au fur et à mesure en fonction de mes envies du moment, de ma fatigue, du climat.

 

Juillet 1982. La chaleur est suffocante. Un vent venu du sud souffle sur le camping d'Argelès sur mer et amène avec lui un air surchauffé, inquiétant même, alors que la nuit est tombée. A cette heure, la température devrait logiquement baisser mais c'est l'inverse qui se produit. C'est dans ces conditions que nous partons, le lendemain matin, sur le petit CG 125. Nous franchissons la frontière espagnole, le thermomètre bat tous les records et affiche 45 degrés. Par endroit, le goudron a fondu et les camions espagnols Pegaso nous envoient le souffle brûlant et noirâtre de leur pot d'échappement.

Prendre la route avec sa moto pour deux semaines, tel est mon programme en ce début de mois de septembre 2025. Moto chargée de la veille, un solide petit déjeuner me permet de partir en pleine forme alors que le soleil est en train de monter dans le ciel. Pas de chance pour moi, c'est vers l'est que je me dirige et il va falloir composer avec cet astre parfois bien éblouissant. C'est bien le seul moment où je regrette de ne pas être au volant d'une voiture en abaissant le pare-soleil. En fait, même pas, je préfère nettement affronter les éléments naturels au guidon de ma Honda.

 Au départ, il y a eu une très forte envie de retourner en Iran, magnifique pays avec une population si accueillante. J’avais encore en souvenir les cinq semaines que j’y avais passées en 2002 lors de mon voyage jusqu’au Pakistan et la perspective d’y retourner me remplissait de joie.

  Le Maroc est un pays qui m’attire irrésistiblement et dont je ne me lasse jamais. Proche de la France, accessible, d’une grande beauté et d’une variété indéniable, l’accueil chaleureux réservé par ses habitants finit de séduire le voyageur. N’hésitez pas à vous laisser tenter par cette destination attachante.

 

 

 



Cette journée de travail du 7 mai 2013 ne ressemble pas aux autres. Il suffit que je regarde par la fenêtre de mon bureau pour m’en rendre compte. Notre side-car rouge, chargé, avec son pneu de rechange me rappelle, si besoin est, que, dans quelques heures, l’impulsion du pouce sur le bouton de démarreur aura un goût particulier.

 

 La montagne est un lieu propice aux itinéraires séduisants pour nos motos et le choix de relier l'océan atlantique à la mer méditerranée s'est vite imposé pour une petite virée de quatre jours. Avec comme fil conducteur les autres deux roues, ceux qui carburent à l'énergie musculaire.

 

 

Il y a deux catégories de voyage. Celui minutieusement préparé dans tous les domaines et laissant peu de place à l'imprévu. Ou, un autre genre, celui qui va vivre sa vie au jour le jour, en laissant l'improvisation diriger les opérations. C'est ce dernier qui sera le nôtre. Au départ, un prétexte, aller voir des amis au fin fond de l'Andalousie et l'envie d'utiliser les 12 jours disponibles en évitant autant que possible les grandes agglomérations et tout ce qui ressemble à une quatre voies.

 

 

Les mois qui précèdent le départ d'un voyage sont intenses. On passe de l'excitation à l'angoisse, de l'énervement au rêve, de l'enthousiasme au découragement.

Il y a deux ans, j'avais eu la chance de pouvoir me rendre au salon EICMA de Milan pour la première fois. Et j'avais été ébloui par l'énormité de cette manifestation dédiée à la moto.

Autant dire que j'étais motivé pour y retourner d'autant que la possession d'une accréditation presse me permettait de profiter des deux premières journées plus calmes avant l'arrivée massive du public.

Et comme j'aime rouler, j'ai nettement préféré aller à Milan au guidon de ma moto plutôt que monter dans un avion. Trois jours de route évitant les axes principaux, rallongeant certes le kilométrage mais aussi le plaisir, et c'est ce qui compte!

 

 

L’Albanie. Je me souviens très bien de ce pays que l’on disait interdit aux étrangers. En 1984, en partance pour la Grèce, je l’avais contourné alors que je traversais la Yougoslavie. Il  avait un côté effrayant lorsque l’on songeait aux habitants sous le joug d’un dictateur dont la phobie de l’extérieur était si grande qu’il avait décidé de  fermer son pays au reste du monde.

Bouches de Kotor

 

 

 

 

Certains parviennent à réaliser le voyage de leur vie, d'autres, beaucoup plus rares font de leur vie un voyage. Ce fut le cas de David, Emy et Mattea que j'ai eu la chance de rencontrer au Maroc, en 1997. Cette petite famille a parcouru pendant de longues années les routes et pistes de notre Terre. Ils habitent désormais un village de l'Etat de Géorgie. 

Les quelques jours qu'ils ont passé à deux reprises dans mon appartement resteront gravés à jamais dans ma mémoire. J'ai adoré ces moments passés avec eux, leur grand coeur, leur détermination, cette énergie qu'ils transmettaient, ce lien si fort qui les unissait. 

 

David a écrit un  livre publié depuis 2022 (en langue anglaise publié par Road Dog Publications). Titre: Dis Big Pella Walkabout. An odyssey.

En voilà un court résumé.

 

 

  Ce voyage a un goût différent des autres.

D’abord, pour accompagner la petite Varadéro, il y a le Berlingo familial. L’idée de mettre notre petite Manon dans le top case m’a bien effleuré l’esprit, mais la sagesse m’empêcha de franchir le pas… .

Ensuite, je vais partager le guidon avec Marie et donc, pour la première fois, effectuer une partie de voyage au volant d’une voiture. Hé oui, tout arrive !

 

 

 

 

 

C'est un petit département adossé à la montagne, peu peuplé, sans villes importantes. Eloigné des grands axes, il offre aux motards qui auront la curiosité de le parcourir, de multiples possibilités de balades. Et il parait probable que le charme opérera tant il recèle de beaux endroits et une population accueillante.

Tarbes (22 février 2002)

Il y a d’abord le départ dans la fraîcheur hivernale du matin, après une très courte nuit. Ma Transalp m’attend dans le garage familial, chargée depuis trois jours. Puis, ce sont les adieux toujours difficiles, avec le regard des proches dans lequel on lit toute l’inquiétude que l’on peut éprouver pour la personne que l’on aime et qui part, seule, quatre mois, sur les routes du monde.
Enfin, les premiers tours de roues, la gorge serrée, l’estomac noué.

Pont à Ispahan

 

Je vous propose deux petites journées à cheminer en dehors des sentiers battus, sur les voies éloignées des axes principaux en ne quittant pas la chaîne des Pyrénées, frontière naturelle avec nos proches voisins espagnols. En route !

 


Devant nous, la Peugeot 504 croule sous le poids de ses innombrables bagages. La pauvre voiture, écrasée par la charge, semble se demander ce qu'il lui arrive. Peu à peu, le hangar se remplit de véhicules aux chargements aussi impressionnants; les vélos côtoient les réfrigérateurs, les cuisinières…. et les tapis. L'ambiance est électrique, un mélange de joie et d'impatience. Le long du quai, à quelques encablures, le ferry attend paisiblement l'envahissement programmé de ces centaines de voyageurs. Le soleil s'élève lentement dans le ciel et Marseille s'embrase. Je contemple notre moto en tenue de baroudeuse, Corinne discute avec nos voisins Tunisiens impatients de revenir au pays. En attendant l'embarquement, nous partageons leur repas dans une ambiance chaleureuse.

Route désertique

 

 

 

Samedi 5 novembre 2022. 8 heures. 

 

J'ai le coeur qui bat fort sous mon blouson. La virée de trois jours que je débute alors que le soleil vient de se lever a un goût particulier. Ma destination est Milan, le salon EICMA plus précisément et je sais pouvoir là-bas assister à la présentation officielle de la tant désirée Honda Transalp 750.

 

Depuis quelques années, j’ai mal au cœur quand des informations concernant l’Algérie me parviennent. Je n’entends que les mots violence, attentat, massacre. J’ai du mal à imaginer que ce magnifique pays qui m’a accueilli à quatre reprises ( 1985, 1988, 1990, 1991) ait pu connaître une telle escalade dans l’horreur. En effet, au cours de mes voyages, j’avais été touché par une gentillesse permanente rare, un respect de l’autre ; il m’est impossible de compter le nombre d’invitations émanant des habitants de ce pays, avec toujours un désintéressement total.
Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé, au fond d’un tiroir, le carnet de route d’un voyage réalisé fin 1990. J’ai pensé qu’il était bon de présenter ce pays tel qu’il est réellement et non tel qu’il a été transformé par l’action de barbares minoritaires qui, sous couvert de religion, ont décidé de mettre en place une violence inacceptable.

J’espère qu’à travers ce récit, je parviendrai à vous faire vivre par procuration la beauté de ce pays, beauté de ses fabuleux paysages mais surtout l’extrême gentillesse des Algériens.
J’espère de tout cœur que ce pays aura la force de se relever prochainement.

Arbre du plateau du Fadnoun

 

 

La retraite présente un gros avantage, le temps. Soudain, son quotidien n'est plus rythmé par un travail dont l'exécution quotidienne génère fatigue et raccourcissement du temps disponible. 

 

Comme l'an dernier, j'ai décidé d'aller à Barcelonnette. Mais, cette fois-ci, nul besoin de poser des congés, je peux partir quand bon me semble. Trois jours me semblent être un bon choix pour les 700 kilomètres à parcourir d'autant que mon itinéraire n'a pas opté pour le chemin le plus court…

 

 

France, Tunisie

Jeudi 12 mars 1998 : Une pression sur le démarreur. Le moteur de la Transalp se réveille. Ca y est ! Mon voyage peut commencer. La tension qui avait peu à peu grandi au cours de ces 6 mois de préparation s'évanouit enfin. D'un seul coup, oubliés les formalités sans fin, les petits problèmes mécaniques de dernière minute et le doute qui s'insinuait en moi face à ce voyage en solitaire qui me paraissait soudain inaccessible.

Fenêtre de café en Egypte