Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

En route pour le salon EICMA 2025!

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Prendre la route. C’est une expression que j’aime. Et, ce matin, une fois de plus, la route s’offre à moi. J’ai 9 jours en devenir pour me l’approprier, à emprunter des itinéraires qui, je le sais, vont se construire au fur et à mesure en fonction de mes envies du moment, de ma fatigue, du climat.

 

 

J’aime cet « à peu près » contenu dans l’ensemble départ de Pau-arrivée à Milan. Une destination et peut-être des surprises qui m’attendent. Je crois que l’imprévu devient de plus en plus mon ami, bien plus intéressant qu’un programme bien établi, rassurant c’est certain mais aussi ennuyeux. Et cette incertitude commence dès le premier jour entamé sous le soleil, bien que parfois un peu voilé.

 

 

A Boulogne sur Gesse, je décide de me diriger vers Saint Gaudens et, de là, ce sont les cols qui s’invitent à la fête. J’ai eu soudain une envie de montagne avant de rejoindre des amis chers à mon coeur dans un hameau ariégeois.

 

 

Col de Portet d’Aspet. Les tapis de feuilles ocres illuminent les troncs des arbres dénudés, je sens que mon rythme augmente dans la descente.

 

 

Il y a ensuite le col de la Core et son revêtement accrocheur qui m’invite à ma lâcher. Le bicylindre tracte comme il sait si bien le faire,ça y est, je suis « dans » mon voyage.

 

 

 

 

Deuxième jour sur une sympathique route sinueuse après Saint Girons où je rattrape un couple sur une moto. Je les suis pendant une trentaine de kilomètres et j’ai tout le loisir de comparer la réaction de leur amortisseur qui réagit parfois bien sèchement sur les chocs. C’est l’occasion d’apprécier une fois de plus mon Fournalès qui officie en souplesse. Justement, c’est son concepteur qui m’accueille à Quint Fonsegrives, siège de l’entreprise. Deux heures agréables plus tard, de nouveau la route.

 

 

 

A Clermont l’Hérault, je décide de m’éloigner de Montpellier; trop de concentration humaine dans son environnement pour moi. Je file plein nord.

 

 

Le ciel se fait menaçant avec de gros nuages noirs peu engageants. J’arrive in extremis à Ganges alors que la pluie s’installe. Un agréable hôtel me tend les bras et ma fidèle moto trouve sa place à l’abri à coté de la Honda CBF 1000 du couple de motards propriétaire de l’établissement. Quant à moi, après un délicieux plat sarde, je m’endors paisiblement fenêtre ouverte en écoutant la pluie frapper les feuilles des arbres voisins.

 

Cela fait plusieurs années que j’ai cessé de me battre contre la pluie. Auparavant, il m’arrivait de pester quand elle s’invitait « pour me gâcher la journée ». Maintenant, j’essaie de composer avec elle, de l’accompagner au mieux. Aujourd’hui, je suis allé installer mes manchons, j’ai enfilé ma tenue de pluie et mis mes surbottes. J’ajuste soigneusement mon tour de cou pour éviter le moindre passage d’air. Je fais un brin de discussion avec les propriétaires et sors du garage … juste au moment où la pluie cesse.

L’atmosphère est magique en ce début de matinée avec la route détrempée, une luminosité un brin mystérieuse, les arbres colorés en cette période automnale et cette noirceur du ciel au loin qui semble me promettre des moments plus délicats. Et c’est effectivement près de Nîmes que des trombes d’eau s’abattent sur moi. Cela ne m’empêche pas d’apprécier la montée du col du Pointu, un petit moment de grâce pendant lequel ma moto semble se jouer des éléments avec une facilité inouïe. A Manosque, je décide de sauter le repas ; j’ai de l’énergie en moi et c’est avec délice que je traverse les gorges du Verdon alors que la pluie s’en est allée, attentif au tapis de feuilles jaunes tapissant la route par moment. Parfois, des bourrasques les soulèvent, ajoutant une certaine féérie à la beauté naturelle de l’endroit. Grasse sonne la fin de cette belle étape avec une pause salutaire chez mon petit frère.

 

 

Quitter Grasse à 8h30 n’est pas une bonne idée. L’autoroute jusqu’à Nice est un peu encombrée… Feux de détresse enclenchés et remontée des deux files de voitures de gauche avec prudence compte tenu de la largeur de mes sacoches Touratech, tout en surveillant certains deux roues arrivant parfois bien vite derrière moi.

Heureusement, après une demi-heure, la circulation s’éclaircit (même dans les nombreux tunnels…). Exceptionnellement, j’ai opté pour un bout d’autoroute afin d’éviter le route côtière très encombrée. A Imperia, je quitte ce morne ruban d’asphalte pour retrouver un parcours déjà emprunté l’an dernier. Toujours aussi beau, il offre une variété de virages propres à donner du plaisir dans un très beau paysage sublimé par un soleil omniprésent. Cela commence à ressembler à un petit moment de bonheur routier !

 

 

A Ceva, j’emprunte une petite route qui m’emmène jusqu’à Alba. C’est vallonné, au loin, j’aperçois la chaîne des Alpes enneigées, les couleurs automnales sont superbes et je me régale de ce parcours aux virages multiples et variés.

 

 

 

La fin de la journée est moins propice au pilotage mais la perspective d’arriver à destination me pousse. Et c’est avec la satisfaction d'avoir parcouru 1500 kilomètres sur des routes magnifiques et peu fréquentées. Cela a du bon de rouler "hors saison"!

J'arrive dans mon petit appartement situé à Parabiago, dans la banlieue de Milan. Situé à 5 minutes à pied de la gare avec une petite cour intérieure où Giovanna, la propriétaire m'autorise à y garer la moto. Un endroit idéal!