Quand j'étais revenu de mon essai de la Kawasaki KLE 500 début avril, Olivier de la concession Kawasaki O'4 de Tarbes m'avait informé qu'il allait très prochainement vendre les machines du constructeur chinois QJ Motor et me proposait de venir essayer la SRT 450 RX.
Jeudi 18 juin 2026.La chaleur s'est abattue sur la région cette semaine et je m'arrête à la concession peu après l'ouverture dans l'espoir d'échapper aux trop fortes températures prévues pour la journée. Une grosse partie de la gamme du constructeur chinois est arrivée, plus précisément celles qui seront vendues sur le territoire français. En effet, j'avais été estomaqué lors de ma visite du salon EICMA de novembre dernier lors de mon passage sur le stand QJ Motor, le plus grand du salon avec un nombre impressionnant de motos exposées.
Olivier me dit qu'il n'a pas encore reçu le modèle d'essai de la 450 mais j'ai aperçu dehors la 600 avec ses deux sacoches en aluminium. "Ce modèle est disponible à l'essai mais il a été bridée en permis A2". Etant donné la puissance du modèle non bridée (56 chevaux), je me dis que les 8,5 chevaux de moins ne doivent pas vraiment se sentir.
Appui sur le démarreur. Le bicylindre se réveille et ne peut cacher son calage à 270 degrés que je commence à bien connaître car il est le choix de très nombreux constructeurs.


Je m'installe sur une selle creusée comme souvent chez les constructeurs chinois. Cela permet une hauteur de selle limitée, argument non négligeable sur les trails parfois un peu haut perchés avec une contrepartie, des repose pieds plus proches et des jambes plus pliées. Ici, c'est un raisonnable 845 mm qui est annoncé mais il est vrai que les débattements des suspensions sont eux aussi peu élevés: 150 mm à l'avant, 155 mm à l'arrière. Il s'agit d'un trail routier avec une roue avant de 19 pouces et la moto est équipée d'origine d'un ensemble sacoches-top case en aluminium.

Je relâche le levier d'embrayage très doux et effectue sur un filet de gaz les premiers tours de roues. Je note un guidon positionné assez haut mais surtout assez près de moi mais c'est surtout le comportement moteur-transmission qui attire mon attention. En effet, c'est la première moto chinoise qui ne m'irrite pas avec une connexion poignée de gaz perfectible ou une transmission manquant de fluidité. Enfin! Sur cette QJ Motor, les vitesses s'enclenchent avec netteté, et la remise des gaz à bas régime après un ralentissement s'effectue sans à-coup. Je m'engage donc dans la circulation tarbaise paisiblement avec une moto facile à mener.
Traversée de Séméac et ses trop nombreux ralentisseurs qui sont un point de repère pour juger de la qualité des suspensions. Ces dernières réagissent avec souplesse.

La montée qui suit me permet de jauger le moteur. Il a un coté assez linéaire qui n'est pas pour me déplaire. Et le sélecteur se manie aisément avec peu d'effort à appliquer. La moto s'inscrit naturellement dans les virages; sur les plus serrés, j'ai juste une légère retenue que je mets sur le compte de cette position de conduite avec ce guidon assez proche; cela me donne l'impression d'un angle de chasse assez fermé.
Au fil des kilomètres, le moteur continue de me montrer sa bonne volonté avec une souplesse appréciable permettant, si on le désire, de rester sur le 6ième rapport à 50-55 km/h dans les traversées de villages. Les relances sont plutôt solides, avec cette poignée de gaz bien connectée à l'injection. Je me contente de monter les rapports à 4000-4500 tours/minute tout d'abord par respect pour cette jeune mécanique qui ne totalisait que 30 kilomètres au départ de la concession mais aussi parce que le moteur tracte suffisamment sur cette première partie du compte tours. Et cela convient tout à fait à mon pilotage fluide. Le bicylindre semble avoir des dispositions pour de franches montées en régime mais je me suis bien gardé d'explorer la deuxième partie du compte-tours avec un tel kilométrage. Mais cela ne me frustre pas car il est suffisamment bien rempli entre 2000 et 5000 tours/minute.
Devant moi, le tableau de bord m'enthousiasme peu, par la faute d'une présentation un peu fouillis qui ne met pas en avant les informations essentielles. Le compte-tours par exemple. J'ai vraiment du mal avec certaines tablettes qui oublient l'essentiel, la simplicité pour une lecture immédiate dès que l'on pose son regard dessus.

Au freinage, le levier de frein est un peu "absent" en début de course avant que la puissance soit au rendez-vous. Je préférerais un peu plus de mordant dès le début d'impulsion pour plus de progressivité. Par contre, le frein arrière répond présent avec une pédale accessible.


Le revêtement assez accidenté de la route est bien gommé par des suspensions souples. Dans la ligne droite, je me retrouve à 112 km/h avec un régime moteur de 5000 tours/minute. La pression du vent est sensible, une bulle plus protectrice pourra s'imposer pour les rouleurs. La bagagerie ne se fait pas sentir sous la pression du vent.

La transmission de cette moto continue de me surprendre ( dans le bon sens du terme) avec une boîte de vitesses qui se manie avec aisance. Sachez, pour ceux qui maîtrisent l'opération, que les passages à la volée s'exécutent en toute simplicité avec une très bonne réactivité du sélecteur dans cet exercice. C'est la première moto chinoise qui me procure autant de plaisir-facilité dans le maniement du sélecteur (et je suis un adepte de cette caractéristique!), aidée en cela par cette poignée de gaz réactive mais là aussi sans une once de brutalité.
Je poursuis ma route avec en ligne de mire les enfilades de virages après le village de Goudon. Je sais qu'elles seront révélatrices du niveau des qualités routières de la machine. Cela me confirme un châssis neutre avec des mises sur l'angle naturelles. Ayant essayé durant 770 kilomètres la Honda NX 500 E-Clutch il y a quelques jours, je peux comparer les deux motos. Si la Honda me parait un ton au dessus avec un châssis exemplaire, cette SRT 600 me met en confiance pour enchaîner cette enfilade de virages avec précision et facilité dans le choix des trajectoires.

Un petit arrêt photos sur un chemin de terre montre une machine aisée à manipuler et la hauteur de selle mesurée est un plus dans ces circonstances.





Alors que je rentre sur Tarbes, je me dis que cette moto dégage une réelle homogénéité. Je ne lui trouve pas de défauts criants, en tout cas, pas les défauts qui sont pour moi rédhibitoires comme une transmission perfectible ou une poignée de gaz dont le maniement génère des à-coups.
A son guidon, je ne me pose pas trop de questions car elle répond à mes instructions sans rechigner. Sur mon parcours assez sinueux, je la trouve saine dans son comportement avec un train avant neutre et sécurisant. J'oublie progressivement cette sensation d'un angle de chasse fermé qui me parait provoquée par ce guidon rapproché et j'engage avec plus d'autorité la moto dans les virages avec des mises sur l'angle volontaires.
En haut de la cote de Sarrouilles, je bifurque à gauche; j'aimerais prolonger ce court essai. C'est bon signe quand de telles envies me traversent l'esprit...
L'essai se termine et, ma foi, il est plutôt positif. La machine possède des qualités auxquelles je suis sensible et qui se résument sous un seul mot: la facilité. Facile à mener dans les virages, commandes douces, boîte de vitesses précise et aisée à manier, finesse de la réponse de la poignée de gaz, moteur bien rempli à bas et moyen régimes et souple. Pour preuve, les coins de rues peuvent se passer en 3ième sur le filet de gaz.
Et, ô miracle sur une moto chinoise, je ne me suis pas retrouvé régulièrement en plein phare comme sur les CF Moto et Zontes. A priori, QJ Motor n'utilise pas les mêmes commodos à l'ergonomie perfectible et c'est tant mieux!








(Bridable A2: 47,5 ch (35kW)).
course :