Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Cinquième partie: Honda 250 CBF, la discrète

 

 

 

 

 

Je me souviens très bien de ce Moto Journal "Spécial essais" acheté en juillet 1980, à l'aube de mon entrée dans le merveilleux monde de la moto. Pendant les deux mois de mon travail saisonnier de l'époque, chaque
fois que mon exploiteur de patron m'en laissait le temps, je l'étudiais dans ses moindres détails afin de trouver celle qui serait, je n'en doutais pas, ma première moto, quelques semaines plus tard, une fois amassés mon salaire et les pourboires des clients.

Honda 250 CBF
 

 

 

 

 

 


Cet exemplaire de la revue, je l'ai retrouvé, il y a quelques jours, dans la cave familiale, et je l'ai relu.
Ce qui m'a frappé, c'est que, il y a trente ans, les 250 cm3 étaient présentes chez la plupart des constructeurs.
Des monocylindres, des bicylindres en V ou en ligne, et même un quatre cylindres! Des routières plus ou moins sportives, du 2 ou du 4 temps, des trails. Bref, il y avait du choix à l'époque.

 

 

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Moto Journal Eté 1980

Aujourd'hui, tout cela est bien terminé. Après la 125, le motard passe directement à la 600. Même les 500 présentes, il n'y a pas si longtemps, ont disparu. Et il semblerait que la tendance, ces derniers mois, soit d'augmenter encore la cylindrée des motos "moyennes" (qui le deviennent de moins en moins, avec des puissances à la hausse).

Jusqu'à présent, je ne m'étais pas penché sur cette évolution. Mais, quand Marie, après avoir passé son permis, m'a dit ne pas vouloir d'une 500 ou d'une 600 qu'elle jugeait trop grosses, j'ai commencé à chercher ce qui était proposé sur le marché de l'occasion. Et c'est le grand désert qui m'est apparu!

Au même moment, Yamaha faisait une tentative en commercialisant la YBR 250. Le concessionnaire de Pau me permit de l'essayer et je dois reconnaître que la moto me fit plutôt bonne impression. Ce n'était pas le "poumon" que je craignais. Le petit monocylindre se révéla être plutôt vaillant avec une bonne disponibilité dans les bas régimes.

Mais, quitter Honda après trente ans de vie commune me chagrinait. Fiabilité exemplaire et concessionnaire du même tonneau, j'avais vraiment envie de rester dans la "maison".

A force de fureter sur les forums motards, j'en découvris un qui ne parlait que des 250 et notamment d'une Honda 250 CBF, concurrente de la Yamaha qui était vendue, notamment en Espagne .... soit tout près de chez nous!

Euréka! Il n'y avait plus qu'à essayer d'en trouver une là bas et de la ramener à la maison.

C'est dans ces moments là que l'on bénit l'Europe et les simplifications administratives qui en découlent.

Après avoir trouvé un site espagnol de vente de motos d'occasion, nous avons cherché, durant plusieurs semaines, l'occasion qui, à priori, nous convenait.

Ce fut le cas dans la région de Girona. Modèle 2007, 8300 kms, 2000 euros.

 Honda 250 CBF annonce


Il n'y  avait plus qu'à aller là-bas, essayer la moto, et la ramener. Pas si simple quand 500 kilomètres nous séparent de l'endroit et quand il faut négocier en espagnol.


Heureusement, un motard Espagnol, rencontré un an auparavant lors d'une virée au Maroc, se proposa de voir et d'essayer la moto. Merci Santi! Tu nous as bien défriché le terrain.

C'est ainsi que, le 2 novembre au soir, un Trafic gris se dirigea vers Girona, avec à bord deux motard(e)s un brin impatients.

Vingt quatre heures plus tard, nous étions de retour avec une petite moto grise qui nous accompagnait.

Honda 250 CBF

Et, dès le lendemain, les formalités étaient accomplies.


 


Ces dernières sont en fait assez simples: il faut obtenir le certificat de conformité CE de la moto (c'est le concessionnaire Honda qui l’a fourni à la vendeuse), faire remplir un certificat de cession de véhicule que l'on se procure en préfecture; la motarde nous a remis la carte grise etla carte technique de la moto (indispensable également pour les formalités en France).

Ensuite, de retour en France, il a suffit d' aller au service des impôts qui  a rempli un certificat d'acquisition d'un véhicule terrestre à moteur en provenance de la CE (fait en 5 minutes) et fait une photocopie du certificat de cession, de la carte grise, de la carte technique, après présentation d' une pièce d'identité et  d'un justificatif de domicile. Il faut que le véhicule ait au moins six mois et 6000 kilomètres. Ainsi, il n'y pas besoin de payer de nouveau la TVA.

Après, nous avons fait une demande d'immatriculation à la préfecture .... et ce fut tout!

 


 

 

4 novembre 2010, sous un soleil superbe et une température printanière, j'effectue les premiers tours de roues de notre 250 CBF.

Première impression visuelle: elle est minuscule. Les quelques photos prises à côté de la 125 Varadéro dont elle va prendre la place sont révélatrices. C'est la 125 qui semble la plus grosse.

Honda 250 CBF

Quand on s'installe sur la selle, cela se confirme: le poids contenu (139 kilos à sec) et la faible hauteur de selle en font un véritable "vélo".

Commande de starter au guidon, un coup de démarreur et le moteur démarre dans un bruit feutré au niveau de l'échappement. Par contre, le moteur laisse entendre des bruits que j'avais fini par oublier depuis que les motos ont un refroidissement liquide. Allez, je crève d'envie de voir comment se comporte la nouvelle moto familiale et j'en oublie mon lumbago qui a donné des signes de vie ces deux derniers jours. Mon ostéopathe ne m'a-t-il pas dit que le pire, pour un lumbago, c'était la voiture et non pas la moto!


En ville, je me régale avec une maniabilité hors pair, un moteur très doux secondé par une boîte de vitesses à la Honda. Et, au feu vert, elle permet de bien mieux se dégager du flot des automobiles que la 125 un peu poussive dans cet exercice.

Je réalise que je passe les rapports entre 5 et 6000 tours minute et que cela suffit pour me maintenir dans le flot de la circulation. Cela me change du caractère pointu de la 125.

 

Honda 250 CBF
 
Honda 250 CBF
L'émotion est présente lors de ces premiers tours de roues. Même 30 ans après, j'ai la moto chevillée au corps et je suis à l'écoute de notre nouvelle monture, tout à la joie de découvrir une autre manière de rouler, avec un simple monocylindre refroidi par air.



J'ai une pensée pour les motards qui, récemment, critiquaient sur un forum, la puissance de la Honda VFR 1200, bridée à 100 chevaux en France. Je me dis que la puissance n'est pas tout et que la moto, c'est surtout le plaisir d'enchaîner les courbes, de relancer le moteur, à la sortie d'un virage, d'une impulsion sur la poignée de gaz, de saisir le levier de frein et sentir la moto se tasser sur ses suspensions, de s'arrêter pour admirer le paysage, de lever la visière pour traverser, sur un filet de gaz, un village, en regardant la vie se dérouler sous ses yeux, de sentir la douceur des rayons de soleil sur son corps à la sortie d’un bois, de rouler, simplement, des heures durant, avec un sentiment de liberté totale.

Je n'ai que 21 chevaux sous la poignée de gaz, et c'est avec allégresse que je me dirige vers les petites routes départementales  où je sais déjà que je vais me régaler.

 

Dans les premiers ronds points, je note un infime décalage lors des mises sur l'angle entre la roue avant et la roue arrière. J'avais déjà noté cela sur la Gladius d'une amie. C'est un peu comme si le train avant plus vif, prenait un peu d'avance sur le pneu arrière. Et , comme je suis habitué à piloter mes motos trails au guidon, je crois que j'accentue le phénomène en agissant ainsi.


Sinon, je me sens bien sur cette petite moto, entre 90 et 105 km/h (entre 6 et 7000 tr/mn).

Je parcours 240 kilomètres sur les petites routes sinueuses omniprésentes dans la région; les Pyrénées me font de l'oeil, au loin et j'ai hâte d'emmener le petit mono sur les routes de montagne. La moto virevolte de virages en virages; son poids plume participe à cette vivacité. Le freinage est puissant et le cadre, qui ne paie pourtant pas de mine, semble largement suffisant pour encaisser les 21 chevaux de la machine.

 

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

 Je m'autorise une petite pointe de vitesse pour voir ce que le monocylindre a dans le ventre. Résultat: 150 km/h à 10 000 tr/mn, juste à l'entrée de la zone rouge. A 140, le moteur tourne à 9500 tr/mn, et à 130 à 9000 tr/mn.

 

De retour à la maison, sur les 7 barettes de la jauge à essence, il y en a encore 5 ! A priori, la consommation devrait se révéler minime et, avec un réservoir de 16 litres, je prévois une autonomie d'au moins 400 kilomètres.

 

11 novembre 2010: le compteur totalisateur journalier indique 397 kms et je ne suis pas encore sur la réserve. j'ai encore 50 kilomètres à parcourir alors que minuit approche et je ne prends pas de risque. L'arrêt à la station d'essence est un petit moment de plaisir quand il me suffit de rajouter 13,15 litres. Cela fait une moyenne de 3,3 litres aux 100. Notre moto vient de marquer un point.

 

Je rentre à la maison sous une étonnante douceur en ce mois de novembre. Le moteur semble respirer avec allégresse; sa plage d'utilisation, c'est 5-7000 tr/mn, voire 8000 de temps en temps. J'apprécie la couleur rouge du tableau de bord et la puissance du phare. Ce matin, j'ai fait la pression des pneus auxquels il manquait quelques centaines de grammes. Depuis, le comportement routier est superbe avec une mise sur l'angle vive et une bonne stabilité. Allié à un freinage puissant et bien dosable, cela en fait une moto-plaisir dès que quelques virages ou ronds-points se présentent sous ses roues.

Je retrouve dans cette moto l'équilibre propre aux machines de la gamme Honda, une certaine harmonie dans le comportement, même sur ce modèle plutôt basique.

 

Je me sens bien sur notre nouvelle machine, elle me donne envie de rouler. J'en oublie certaines réactions lues sur un forum motard ce matin. Membre du club, j'avais fait une petite bafouille présentant notre moto et certaines réponses m'ont laissé sans voix. Dont l'une refusant le terme de moto à la 250 CBF! Et me refusant presque d'éprouver de la passion pour ce type de moto. Quant à celui qui s'en servirait bien pour démarrer le méchoui....

Les bras m'en sont tombés!

Peu importe, chaque prise d'angle me redonne le sourire.

 

 Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

 

 

 


CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

 

Moteur     

Type     Monocylindre, 4 temps, double ACT et 4 soupapes, refroidi par air

Cylindrée     249 cm3

Alésage x course     73 x 59,5 mm

Rapport volumétrique     9,3 : 1

Puissance maxi.     16 kW/8 000 min-1 (95/1/EC)

Couple maxi.     22 Nm/6 000 min-1 (95/1/EC)

Régime de ralenti     1 400 min-1

Capacité d'huile     1,8 litres
   

 

    
Alimentation    

 
Carburation     Carburateur 32 mm type VE-L


Filtre à air     Cartouche papier, gras


Capacité de carburant     16 litres (y compris réserve de 2,5 litres)
       
Système électrique   

   
Allumage     Digital avec avance électronique


Calage de l'allumage     10˚ AvPMH (ralenti) ~ 25˚ AvPMH (3 000 tr/min)


Bougie     CR8EH9 (NGK)


Démarrage     Électrique

Batterie     12 V/7 AH


Alternateur     204 W


Phares     12 V, 60 W x 1 (croisement)/55 W x 1 (route)


       
Transmission      


Embrayage     Multidisque en bain d’huile


Entraînement     Mécanique par câble


Boîte     6 rapports


Réduction primaire     3.100 (62/20)

 

Rapports    

1
    2.769 (36/13)    

2
    1.882 (32/17)     

3
    1.333 (28/21)     

4
    1.083 (26/24)     

5
    0.923 (24/26)     

6
    0.814 (22/27)


Réduction finale     2.846 (37/15)


Transmission finale     Chaîne à joints toriques


       
Cadre      

Simple berceau dédoublé en tubes d’acier
       
    
Dimensions 


(LxlxH)    2 035 x 745 x 1 050 mm
Empattement     1 370 mm
Angle de chasse     25 ° 34 '
Traînée     99 mm
Rayon de braquage     2,3 m
Hauteur de selle     780 mm
Garde au sol     175 mm
Poids à sec     138,5 kg
Poids tous plein faits     152 kg (AV: 71 kg; AR: 81 kg)
Capacité de transport maxi.     175 kg
Poids en charge     302 kg (AV: 101 kg; AR: 201 kg)
       
Suspensions      

Avant
    Fourche télescopique ø 37 mm, débattement 130 mm     

Arrière
    Monoamortisseur, débattement 100 mm
       
Roues   

Avant
    En aluminium coulé à 5 branches en U   

Arrière
    En aluminium coulé à 5 branches en U


Jantes   

Avant
    17M/C x MT2,15    

Arrière
    17M/C x MT3


Pneumatiques    

Avant
    100/80-17M/C (52S)     

Arrière
    130/70-17M/C (62S)


Pression    

Avant
    225 kPa     

Arrière
    225 kPa (Avec Passager: 250 kPa)
       
Freins      

Avant
    Simple disque hydraulique ø 276 x 4 mm avec étrier 2 pistons et plaquettes frittées     

Arrière
    Tambour ø 130 mm


 

 

Vendredi 19 novembre 2010: La petite Honda chauffe doucement sur sa …. béquille centrale, son premier « cadeau ». Accessoire indispensable pour moi et sur lequel, malheureusement, les constructeurs font souvent l’impasse.


Aujourd’hui, première virée pour le petit mono avec un peu moins de 300 kilomètres à parcourir jusqu’en Dordogne.

La double sacoche de réservoir est pleine, un gros sac, avec mon accordéon diatonique à l'intérieur,  a pris place sur la selle ; son arrimage s’est révélé aisé, grâce aux larges poignées de maintien du passager fixées à l’arrière.

Honda 250 CBF


Avant de trouver les jolies routes sinueuses, il faut se coltiner les lignes droites sans fin des Landes et je me stabilise aux alentours de 6500-7000 tr/mn, régime qui paraît pouvoir être tenu indéfiniment par le moteur.

Honda 250 CBF

 

Honda 250 CBF

 
Ce dernier fait preuve de vaillance lors de certaines longues montées et ses 21 petits chevaux se révèlent suffisants lorsqu’il s’agit de se dégager d’une file de semi remorques encombrants. Le 120-130 est atteint rapidement.

J’en viens à  me demander pourquoi cette cylindrée a peu à peu disparu du marché français. Plus je roule avec cette moto, et plus je lui trouve des qualités. Pourtant, au début, l’idée de me retrouver au guidon d’une 250 cm3 ne soulevait pas l’enthousiasme chez moi, mais, en définitive, avec un poids réduit (152 kgs tous peins faits), un monocylindre plus coupleux qu’un bicylindre, cette Honda se révèle apte à assurer une route sereine à son conducteur.

 
En outre, il y a cette faculté à plonger avec vivacité dans le moindre virage un peu resserré, à corriger sa trajectoire à tout moment d’une simple impulsion du bassin, ce freinage rassurant et cette tenue de route saine .
Je dois le reconnaître, je me fais plaisir sur ce petit mono.

Honda 250 CBF

Et, quand la circulation se fait plus dense, lors des traversées de villes, je loue sa maniabilité hors pair, digne d’une 125, meilleure en tout cas que celle de la Varadéro 125.

Bref, je découvre les joies de la petite cylindrée.

Un nouveau plein confirme la frugalité du mono : 3,26 litres aux 100.

Le froid est bien présent et l’absence totale de protection se fait sentir, au fil des kilomètres. Un pare-brise va rapidement s’imposer, en complément des manchons déjà installés.

Lors des quelques arrêts qui ont ponctué la parcours, j’apprécie cette qualité que j’avais oubliée sur une moto, la légèreté. Quelle facilité pour faire demi-tour, pour se garer dans les coins les plus inaccessibles ou se faufiler au pas entre les voitures.


J’arrive sur les hauteurs de Bergerac et j’enchaîne les virages avec gourmandise tant la vivacité de la moto m’incite à en rajouter un peu plus dans la prise d’angle, d’autant que les pneus, des Pirelli, accrochent très bien.

Honda 250 CBF

Les vignobles jaunis  me font oublier la grisaille ambiante et le froid persistant. J’aime bien le bruit plus présent, mais ô combien sympathique du monocylindre refroidi par air et j’arrive à destination, après quatre heures de route, sans courbatures, ni mal de fesses.

La nature est superbe, avec ses couleurs automnales, et, après avoir réchauffé mon corps transi près du poêle à bois, je repars pour une vingtaine de kilomètres sur les routes vicinales en me laissant porter par le pom-pom du petit mono, visière ouverte;

Le bonheur en moto, ce n'est pas plus compliqué que çà!

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

 

 



En acquérant cette moto, je n’avais pas pensé à un avantage certain, en comparaison avec mes Transalp.

C’est la possibilité de l’installer dans le salon pour bricoler ! Il est vrai que, ce samedi, je n’étais pas très chaud, c’est le cas de le dire, pour m’attaquer à l’installation du porte bagages. La température hivernale incitait plus à  rester au chaud, près du poêle à bois . Et c’est ce que fis, après avoir constaté combien il était facile de rentrer le petit mono à l’intérieur de la maison.


Honda 250 CBF


Au delà de cette anecdote, cette moto me redonne envie de mécaniquer, envie qui s'était estompée au fur et à mesure que l'accessibilité aux organes des motos avait diminué. Là, tout est visible, facile à démonter et à atteindre et cette conception à l'ancienne a du bon, finalement.

 

 

Je dis parfois que cette moto, c'est un gros 125 CG, en référence à ma première moto. En espérant qu'elle se révèlera aussi robuste!

 


 Le petit mono est rentré dans  la nouvelle année, toujours fringant, quoique un peu frigorifié, comme ses deux conducteurs respectifs , après un séjour en Dordogne et Corrèze.

Au total, un peu plus de 800 kilomètres parcourus.

Ce fut une nouvelle fois l’occasion de constater que, durant la période hivernale, la très grande majorité des motos reste bien au chaud au fond des garages.

C’est bien dommage pour elles dont les moteurs apprécient ces basses températures et pour les motards qui passent à côté d’un réel plaisir à rouler au milieu de paysages hivernaux à l’atmosphère si particulière.

La lumière est belle , le moindre arrêt-chocolat chaud a un goût divin, le voyage gagne en intensité, en émotion, parfois.

Quant à notre moto, elle a parcouru 2500 kilomètres depuis son achat, …. et tout va bien.

Elle a récupéré le top case de la Varadéro 125 et cela s’est ressenti au niveau de la conduite, comme une petite barrière à l’écoulement du vent.  Je craignais que la consommation en subisse les conséquences , mais les trois derniers relevés  restent dans des limites plus que raisonnables ( 3,65 litres aux 100, puis 3,48 litres et enfin, cerise sur le gâteau, 3,12 litres pour le dernier plein !).

Avec le temps, quelques défauts apparaissent plus évidents. Ainsi, il est difficile de trouver le point mort, lorsque le moto est à l’arrêt ; il faut systématiquement anticiper le passage du point mort avant l'arrêt . Etrangement, une fois le moteur éteint, le problème ne se pose plus. Sinon, la boîte de vitesses reste d’une douceur totale .

Egalement, je souhaiterais un guidon un peu plus relevé, mais je reconnais que ma réaction vient de vingt années de pratique moto avec des trails avec lesquels j’ai apprécié cette position « sénatoriale » et haut perchée. Et les rétroviseurs sont trop courts, ne permettant pas d'avoir une vision satisfaisante de ce qui se passe derrière.


Enfin, nos attendons avec impatience l’arrivée du petit pare-brise Givi commandé chez notre concessionnaire pour dévier un peu l’air.

Et j’envisage sérieusement l’installation de poignées chauffantes pour compléter le rempart parfois insuffisant des manchons contre le froid.

Sinon, c’est du bonheur qui s’annonce à chaque tour de roue de ce petit mono, avec ce moteur qui « racle » , à l’ancienne, lors des accélérations avec ce frein moteur sympathique, ce petit bruit agréable et feutré et sa large autonomie.

Et toujours ce poids plume qui simplifie les manœuvres, rassure quand, ce vendredi 24 décembre, à la nuit tombée, la route devient mouillée, avec les bas-côtés enneigés et une température voisine de zéro.

Je ne me la suis pas encore complètement appropriée, cette moto ( on n’oublie pas, d’un coup de baguette magique une longue histoire d’amour motocycliste avec trois Transalp), mais cela ne saurait tarder, d’autant qu’un projet de voyage à l’étranger se profile, avec quelques milliers de kilomètres à la clef .

Vivement le mois de septembre !

En attendant, j'ai effectué la vidange à 10850 kilomètres et ce fut un réel plaisir tant l'accessibilité mécanique est grande sur cette moto. Pas de recoins, de caches plastiques, tout est simple, visible .... comme sur ma Honda 125 CG de 1980!

 

 Honda 250 CBF Corrèze

Honda 250 CBF Tulle

Honda 250 CBF TulleHonda 250 CBF Corrèze

Honda 250 CBF Terrasson

Honda 250 CBF Corrèze

Honda 250 CBF Corrèze

 

 


 

 Jeudi 20 janvier 2011.

C’est étonnant comment un simple morceau de plastique peut transformer votre vie de motard.

Celui qui est à l’origine de ma réflexion s’appelle pare-brise universel Givi A 660 ; pas très grand (42,5 cm) pour 42 cm de large.

Hier, j’ai aidé Sébastien à l’installer sur le petit mono . Et c’est comme si ce dernier avait pris de l’envergure.

Esthétiquement, ça le grandit et, dès que je me suis mis aux commandes, j’ai tout de suite eu une perception différente de notre moto.

Honda 250 CBF

Malgré sa petite taille, ce pare-brise isole de l’extérieur et cela met le conducteur dans un tout autre état d’esprit. J’ai eu tout de suite eu envie d’avoir une position plus droite et dès les premiers virages, je me suis surpris à adopter une conduite moins incisive, plus progressive alors que, jusqu’à présent, la légèreté, la vivacité de la moto m’avaient incité à en rajouter un peu dans les mises sur l’angle.

A minuit, par une température négative, j’ai parcouru 40 kilomètres et la différence avec l’aller effectué quelques heures auparavant m’a sauté aux yeux. Ce pare-brise constitue un bon rempart contre les assauts du vent ; pour m’en convaincre, il m’a suffit, à quelques reprises de me lever sur les repose-pieds  et ressentir l’agression de l’air glacial qui régnait sur le plateau de Ger.

Mieux protégé, j’ai eu naturellement tendance à rouler plus vite, c’est logique.

A priori, les réglages du pare-brise sont bons car je n’ai pas ressenti de turbulences gênantes ; l’air est dévié vers le haut du casque et cela doit générer sûrement un niveau sonore plus élevé, mais comme je mets des bouchons d’oreilles, cela ne m’a pas perturbé.

Au passage d’un pont, j’ai ressenti une prise au vent latérale plus importante, mais rien de dramatique.

Bref, je ne regrette pas l’investissement et je suis même surpris de la transformation générée par l'installation de cet appendice. Je ne m'attendais pas à un changement aussi important .... et positif.

11 000 kilomètres, notre petit mono vient de rentrer dans le monde des motos de Grand Tourisme !

Il n’y a plus qu’à installer les poignées chauffantes ( cela ne saurait tarder) pour qu’il commence à rivaliser avec les BMW RT et Honda Paneuropean et Deauville …….

 

Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

 Honda 250 CBF

Honda 250 CBF

 

Honda 250 CBf

 

 Honda 250 CBf

Honda 250 CBF

 

 

 

 

Il était une fois un motard qui adorait rouler, loin, longtemps, par tous les temps.
Rien  ne lui faisait plus plaisir que de charger sa petite moto pour partir à la découverte d’autres contrées.

Toutefois, quelque chose en lui rechignait parfois, à affronter certaines conditions de route, quand le thermomètre descendait trop bas dans son petit puits de mercure. Ce quelque chose, c’étaient ses deux mains qui lui faisaient alors savoir, qu’elles ne supportaient plus de telles souffrances, par des élancements insupportables, du nom d’onglée.

C’est ainsi que par une froide journée de janvier , en 1984, ce petit motard, qui devenait grand, décida d’installer des poignées chauffantes sur sa nouvelle Honda. Un bout de cuir, une feuille d’imprimante offset, du fil de constantan et l’affaire fut réglée. Enfin, il put rouler par des températures négatives sans sentir son corps de crisper sous les coups de butoir du froid ; son bonheur de rouler fut décuplé.

Quelques années plus tard, il installa sur sa première Transalp des poignées chauffantes achetées dans le commerce,  moins rustiques que les siennes et avec deux positions de chauffe. Avec les manchons déjà installés au guidon, il eut l’impression de rouler dans un palace. Le froid n’était plus un ennemi et il pouvait apprécier l’environnement glacial d’un paysage hivernal ; le plaisir était là , quelle que soit la saison.

Vous l’aurez peut-être compris, le motard c’est moi. C’est vrai que l’installation de ces quelques résistances électriques sur mes poignées fut vécue comme un grand moment de bonheur après mes quatre premières années de moto où, parfois, mes mains criaient grâce face aux morsures du froid. Je reconnais être parfois tombé dans l’excès  en leur faisant goûter , notamment , les « joies » d’une promenade hivernale par – 20 degrés !

Aussi, dès l’achat de notre 250 à l’entrée de l’hiver, l’achat de ce matériel était programmé dans ma tête.
C’est ainsi que, deux jours après avoir installé un pare-brise, des poignées Oxford Hot Grips ont pris place sur le petit mono.

Dans un essai comparatif de l’excellente revue moto Magazine, le « 60 millions de consommateurs » des motards, ces poignées étaient très bien notées.

C’est vrai qu’elles inspirent confiance avec une apparente qualité de fabrication. Et, comparées à mes vieilles poignées chauffantes installées sur mes Transalp, c’est le grand luxe avec quatre positions de chauffe. La seule chose qui me chagrinait, c’était le branchement direct sur la batterie préconisé par le constructeur mais il est indiqué sur la brochure technique que «  pour éviter que la batterie ne se décharge lorsque le moteur est coupé, le régulateur de chaleur est équipé d’un logiciel sophistiqué qui coupe automatiquement tout le courant aux HotGrips avant que la tension de la batterie ne soit trop faible. Cette tension est réglée entre 10,5 et 11 volts ».

Pratique pour les étourdis qui oublient d’éteindre le courant ou pour contrecarrer les actes des petits plaisantins éventuels !

L’installation s’est avérée assez facile grâce à l’accessibilité évidente du petit mono et surtout grâce aux compétences de Bruno et Dédé dont les compétences et la rapidité d’exécution n’ont d’égal que leur gentillesse et leur bonne humeur.

Après les avoir quittés, j’ai effectué les trente kilomètres qui me séparaient de mon domicile avec une joie certaine malgré les – 2 degrés.

Bien protégé derrière le pare-brise, avec une douce chaleur diffusée dans les poignées, j’avais l’impression d’être aux commandes d’une grande routière.

A nous les frimas de l’hiver !

Honda 250 CBF

 Honda 250 CBF

 

Dimanche 30 janvier 2011:

Enfin, nous allons pouvoir regarder ce qui se passe derrière nous sans avoir à nous contorsionner.  J'ai installé deux petites pièces métalliques, qui se fixent à l'emplacement des rétroviseurs pour permettre à ces derniers de gagner 4 centimètres environ de largeur. Le produit vient de BIHR, grossiste en pièces détachées pour motos.

 Je n'ai pas encore roulé pour voir le résultat, mais, à priori, cela semble suffisant pour avoir une moto qui rétrovise dignement! 

Une petite balade est prévue mercredi et sera l'occasion de vérifier le bien fondé de l'investissement.

 


 J’ai la preuve des qualités routières exceptionnelles du petit mono.

Ce 2 février 2011, il a tenu tête, 150 kilomètres durant, à un peu plus de 30 motos, qui n’ont, à aucun moment réussi à le piquer au freinage, à lui faire l’intérieur ou à le dépasser  dans les lignes droites landaises. Pourtant, il y avait du beau monde, derrière, des BMW GS 1200, des sportives, et même une redoutable Ducati Multistrada.* Mais rien n’y fit, malgré les efforts désespérés des motards, la Honda CBF 250 fit toute la course en tête.

Ohé, Christian, réveille-toi ! Ce n’était pas une course, juste une balade ; et, en fait, tu étais juste chargé d’ouvrir la route car  le seul à connaître l’itinéraire ….

 Ben quoi, on n’a plus le droit de rêver !

Pour revenir à la  (dure) réalité, c’est effectivement une sympathique balade à laquelle j’ai participé dans le cadre de l’hivernale Moto Journal organisée par mon hebdo favori pour aller à la rencontre des ses lecteurs.

J’avais appris que les journalistes passaient par Tarbes, cette année, et j’avais posé une journée de congé .

Comme le parcours Tarbes-Mont de Marsan peut être d’une monotonie terrible, j’ai proposé aux deux journalistes présentes, Mathieu et Alex, un parcours plus sinueux et plus beau, via les coteaux gersois, d’où ma désignation d’ouvreur officiel .

Avec mon équipement grand tourisme, je n’ai pas souffert du froid ambiant, ce qui ne fut pas le cas de tous les participants (n’est ce pas Bernard !),  mais l’ambiance chaleureuse du groupe a largement compensé ce petit désagrément.

Le départ a eu lieu devant ma concession sous un splendide soleil , le parcours s’est fait par les petites routes sinueuses et un bon repas à Mont de Marsan a requinqué la joyeuse équipe.

 Cela m’a permis de rencontrer deux représentants de ce journal que je lis depuis plus de trente ans. Un petit jeune, Matthieu, qui pourrait être mon fils, et qui ne sait même pas ce qu’est une Honda 125 CG ( sacrilège !), mais qui a l’air de savoir se servir de sa Multistrada, et Alex qui trimballait un appareil photo taille XXXL avec lui. Deux gars sympas, qui aiment rouler, comme le reste des personnes présentes.

L’ambiance était bon enfant sans motard frimeur, avec juste des hommes et des femmes qui avaient envie de partager  un bout de route ensemble. Les motos étaient représentatives de cet état d’esprit. Pas de tape à l’œil, quelques BMW suréquipées, une  Honda 500 CB hors d’âge avec deux saisons de course sur piste et quatre Moto Tours à son actif,  un side-car Moto Guzzi, quelques petites vieilles comme une Suzuki 550 GT, une magnifique Honda CBX 1000 avec ses six cylindres ou une Yamaha 500 RDLC.

Au final, une journée très sympathique qui contribue au bonheur.

Même mon joint spy de fourche gauche qui s’est mis à fuir au retour n’a pas réussi à me perturber, d’autant que mon concessionnaire avait la pièce en stock .

Une fois changé et avec de l'huile de fourche neuve, le train avant a gagné en rigueur.

 

 

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

 Hivernale Moto Journal

 Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

 Hivernale Moto Journal

 

 

 

Salut les Moto Journaleux!

Hivernale Moto Journal

Hivernale Moto Journal

 

 




Après plus de 4000 kilomètres parcourus, un point peut être fait sur la consommation moyenne du petit mono.

Pour résumer, le bilan est très positif.

La consommation a varié de 2,94 litres à  3,65 litres aux 100 .

Elle évolue assez peu en fonction des circonstances de route, du chargement de la moto et du rythme de conduite.
Je m’en suis rendu compte hier car j’ai eu envie de « m’occuper » du petit mono, d’abord sur les belles routes sinueuses de Dordogne, ensuite sur le chemin du retour.

 

Malgré le rythme soutenu, j’ai été étonné de ne consommer que 3,36 litres aux 100, ce qui me fait dire que le pare-brise a peut-être une incidence positive en favorisant l’écoulement de l’air qui ne frappe plus directement sur le buste et le casque du conducteur.

En tout cas, ce fut un réel plaisir de  réaliser que la petite 250 était capable de maintenir une vitesse de croisière confortable,  pas du tout gênée par les nombreux virages, tant elle se délecte des mises sur l’angle vives, des changements de trajectoire rapides.

On dit souvent qu’en moto, le poids, c’est l’ennemi, et je m’en rends compte avec notre moto de 150 kilos tous pleins faits ; elle se dirige avec une facilité déconcertante et, à son guidon, j’ai parfois l’impression d’être devenu un bon pilote, ce qui est loin d’être le cas pourtant.

Et cela confirme que le plaisir en moto ne se mesure pas en cm3 ou en chevaux. Ma journée du 13 février en fut une éclatante démonstration. 

 

Honda 250 CBF

 

 



J’ai découvert le circuit du Castellet en septembre 1981, lorsque je suis venu au guidon de ma Honda 125 CG assister à mon premier Bol d’Or.

 

J’ai le souvenir d’une longue route ( 650 kilomètres) pour arriver jusque là, d’un circuit gigantesque, avec sa célèbre ligne droite du mistral, d’un environnement superbe et d’une nuit blanche, installé dans mon sac de couchage, en bord de piste, près d’un haut parleur, afin de suivre, 24 heures durant, les péripéties de la course et, enfin, de la victoire de deux jeunes pilotes, Dominique Sarron  et Jean-Claude Jaubert. Le premier ne s’arrêtera pas en si bon chemin et remportera cette course mythique à sept reprises, dont la dernière en partageant le guidon avec son grand frère, Christian.

Sa vente au milliardaire de la Formule 1, puis sa fermeture au public, m’avaient attristé . J’aimais tant cette atmosphère particulière qui y régnait, avec ce sentiment, lors des week-end que j’y avais passés, d’être en vacances, ailleurs.


L’annonce de la Sunday Ride Classic dans cet endroit magique, au moment de Pâques, m’a donné envie de revoir ce circuit.

Et le petit mono eut la chance de ne pas partir seul..Il fut bien accompagné, par une Honda Deauville 700 noire, avec Yves au guidon, et par encore plus gros, une Yamaha 1200 Super Ténéré avec, à son bord, Claude et Evelyne.

Il avait été décidé d’éviter l’autoroute et j’avais concocté un itinéraire aux petits oignons, fait de virages, ,de tours et détours, propres à   favoriser l’agilité du petit mono au détriment de ses imposantes accompagnatrices. Manière de combler mon handicap de départ….

Malheureusement, le climat varia de l’humide au franchement mouillé et je vis vite s’éloigner la perspective d’un beau soleil accompagnant notre parcours sur ces petites routes qui mettent du baume au cœur.

C’est donc à l’énergie, mais dans une bonne humeur générale que nous avons affronté les éléments déchaînés avec, tout au fond de nous, cet espoir de quitter la pluie peu avant Marseille.  Ce qui fut le cas et permit de  faire sécher les quatre motards imbibés d’eau jusqu’à l’intérieur des casques !

Départ à 7 heures, arrivée à 20H30, ce fut une journée, …. comment dire…. intense.

Ce fut l'occasion de constater que le petit mono, malgré ses faibles apparences, offrait un confort plus que convenable, puisque, après cette longue journée, je ne ressentais pas de fatigue particulière, si ce n'est un léger mal aux fesses. En me demandant pourquoi cette moto au moteur vibrant, à la position de conduite moins "sénatoriale" que sur un trail, à la protection contre les intempéries limitée, se révélait être, en fait, une routière plus que convenable, j'ai tiré de mon petit cerveau l'idée que le poids plume, avec tout cela que cela induit au niveau facilité de conduite,  y contribuait largement. En effet, on la conduit instinctivement, cette moto, sans trop se soucier du virage qui se referme, en effectuant des demi-tours, les doigts dans le nez, en se garant avec facilité dans le moindre recoin de trottoir, en la béquillant d'une chiquenaude. Et, au final, on roule, l'esprit léger, et on fatigue peu.

La nuit sous la tente fut profonde et c’est avec émotion que je garai ma petite Honda dans l’enceinte du circuit, sous le soleil revenu.

La journée s’écoula comme dans un rêve. A peine avions nous quitté une moto splendide qu’une autre nous faisait  de l’œil en nous disant «  Viens m’admirer. Pas mal l’ancêtre, non ? ».

Effectivement, à chaque fois, nous restions ébahis devant la beauté de ces machines, devant leur état souvent proche du  neuf. A travers elles, c’est l’histoire de la moto qui s’écrivait devant nous, des Peugeot du début du 20 ième siècle jusqu’aux sportives des années 80.

Puis, il y eut le spectacle des motos en action sur la piste avec pour certaines d’entre elles, un bruit, une musique dirais-je, à bouleverser  les motards présents en nombre.
Je pense notamment à la MV Agusta 3 cylindres piloté par MONSIEUR AGOSTINI, lui-même, dont les montées en régime, étaient divines.

J'eus l'immense plaisir de voir Christian Sarron tourner au guidon de sa vieille Yamaha. Ce pilote dont j'ai suivi la longue carrière, de sa  première victoire en  Grand Prix 250 en Allemagne en 1977 jusqu'à ce Bol d'Or mémorable qu'il remporta en 1993 avec son frère, en passant par son titre de Champion du Monde 250 qu'il décrocha en 1984. Si l'on ajoute la "collection" de chutes qu'il détient, je peux dire qu'il m'a fait vibrer dans tous les sens du terme, ce garçon. Et, ce jour là, il montra une nouvelle fois, en titillant les deux pilotes du circuit au guidon de leur Suzuki GSXR de la dernière génération, qu'il avait encore un sacré coup de guidon et qu'il ne serait décidément jamais raisonnable. 

Bref, une journée excellente qui se termina par quelques kilomètres en moto, pour se rendre dans le petit village du Castellet et dans un sympathique restaurant ;

Au moment de me coucher, j’étais impatient du lendemain car je m’étais inscrit à la parade Moto Journal et mon petit mono allait effectuer deux tours du circuit de Castellet.

Malheureusement, un violent serrage du moteur, le lendemain, mit fin à mes rêves.

Heu, en fait, pour être plus  précis, le blocage du piston dans le cylindre, c’est moi qui l’ai connu en sortant de la tente, au petit matin. Dos bloqué ; la journée fut très longue avec, pour finir, une petite visite aux urgences organisée par les ambulances de la Côte d’Azur !

Entre le bouteille à moitié vide et celle à moitié pleine, je retiendrai la deuxième proposition et, pour le prouver, place aux photos !

 

N'oubliez pas vos lunettes de soleil; c'est beau et ça brille!

 

 

 

 

 

Les motos dans le parking: cela commençait bien!

 

Moto Guzzi Le Mans

Side car Watsonian

Norton Commando

Moto Guzzi V7 GT

Honda 550 Four

Yamaha 500 XT

Moto Guzzi Falcone

 

Les motos sur le circuit 

 MZ

MZ

Ossa 500

Vélocette

MV Agusta

Honda CBX 1000

Kawasaki 750 H2

Honda 500 Four

  Honda 400 twin Hondamatic

Honda 400 twin Hondamatic

 

 

 

 

 






 

 

 

 

 

Une Gold Wing de course!

 

 

 

 

Les motos en action

 

Monsieur AGOSTINI

 

 

 PS: j'ai beaucoup moins aimé la position couchée du retour, dans l'ambulance,comparée à celle de mon petit mono adoré. Je suis définitivement hermétique aux motos sportives! 

 

 

 



La France est belle, mais j'ai régulièrement des envies de voir ailleurs comment s'y déroule la vie. Et, cela tombe bien, Marie aussi!

 

C'est ainsi qu'est née, il y a quelques mois, l'idée de visiter la côte adriatique, en septembre 2011.

Malgré des prédispositions évidentes ( elle fait le salut motard, les deux doigts en V), Manon, à trois ans et demi, n'a pas encore le permis, et nous n'avons pas encore de side-car dans le garage.L'idée est donc de partir avec les deux véhicules de la famille (voiture et moto) et de se partager le guidon du petit mono, comme nous l'avions fait avec la Varadero 125, il y a deux ans. C'est ce que l'on appelle un voyage en moto à temps partiel !

L'itinéraire est tracé dans les très grandes lignes.

 

Albanie Monténégro Croatie

 

Ce sera le premier grand voyage du petit mono, et pas le dernier, j'espère. L'occasion de voir comment il se comporte sur longs parcours (4500 kilomètres prévus en 3 semaines).

 

En attendant, à 16850 kilomètres, je viens de lui faire sa deuxième vidange après 6000 kilomètres supplémentaires parcourus et je suis surpris de ne pas avoir eu à rajouter une goutte d'huile entre les deux changements d'huile. Sur un moteur de conception ancienne et refroidi par air, je m'attendais à une petite consommation de ce côté là. Pour l'instant, il n'en est rien.

 

 

Après avoir essayé, brièvement, la veille du 15 août, la nouvelle Honda 250 CBR et constaté qu'elle tirait plus long que notre petit mono (117 km/h à 7000 tours/minute au lieu de 102 km/h), je me demande si je ne vais pas mettre un pignon de sortie de boîte avec une dent de plus.

Pau- Venise aller-retour par l'autoroute pour cause de manque de temps, cela risque de ne pas être folichon; alors, si je pouvais abaisser le régime moteur, ce serait une bonne chose. A voir si le moteur sera suffisamment coupleux pour accepter cette nouvelle démultiplication ?

 

 

 

 


 

 

Vendredi 9 septembre 2011 : j’arrive sur le circuit de Pau Arnos alors qu’un beau soleil semble vouloir accompagner la journée.

Quelques mois auparavant, je m’inscrivais, euphorique, à la journée « Portes Ouvertes des Circuits » organisée par la Fédération Française de Motocyclisme. La perspective de faire la connaissance d’un monde nouveau pour moi m’enchantait et le tracé du circuit, sinueux et accidenté, me paraissait adapté à la faible puissance de la CBF.
En outre, cette journée semblait réservée à ceux qui n’avaient jamais goûté à la piste.

L’examen des motos présentes ce vendredi ne me rassure pas et je commence à m’inquiéter de la cohabitation avec ces engins cinq fois plus puissants que le petit mono.

En attendant le début des sessions, il faut passer par la case contrôle technique avec, notamment, un sonomètre qui s’affole un peu derrière les pots d’échappement un peu trop libérés de certaines motos. C’est mon tour, le préposé au sonomètre me demande de démarrer le petit mono et, devant le bruit feutré du moteur, me dit avec un petit sourire qu’il n’y a même pas besoin de faire le test !

Le briefing se déroule dans une ambiance bon enfant avec deux instructeurs, notamment Serge Nuques, un gars du coin, spécialiste du Moto Tour.

Ensuite, c’est …. chacun pour soi. Une quarantaine de motos est libérée sur le circuit. Il faut alors apprendre à lire les virages, soigner ses trajectoires et ne pas penser à la GSXR Hornet CBR ZXR R1 sur le point de dépasser cette petite moto qui a plus sa place dans les banlieues des grandes villes qu’ici.

Je réalise que la conduite, le pilotage devrais-je, dire n’a rien à voir avec ce que je connais. Fini l’accélération sur le couple, ici c’est gaz en grand et la dernière partie du compte tours à l’ouvrage. J’oublie très vite que le moteur est poussé dans ses derniers retranchements car, je l’avoue, je prends un plaisir énorme à essayer, à chaque nouveau tour de circuit, d’améliorer mon pilotage.

Vu mon faible niveau en la matière, les pauvres 21 chevaux se révèlent être un atout. Contrairement aux autres, je n’ai en effet pas de problème pour doser mes freinages. Au bout de la courte ligne droite, j’atteins péniblement les 120-125 km/h et donc, je peux passer à fond le pif-paf. Il en va de même dans la grande descente en courbe où je prends 130 km/h.
Je me régale du faible poids de la machine dans les parties très sinueuses.

A quelques rares reprises, au  cours de la journée, j’ai un « flash » dans ma tête, quelque chose comme « mais qu’est ce que je fais dans ce virage à cette vitesse » qui occasionne une mini angoisse vite balayée en portant mon regard le plus loin possible à la sortie …. et la moto y  va sans difficulté.
Bref, j’apprends à oublier tout ce que j’ai appris au cours des trente ans de conduite sur route.

Les quatre sessions se succèdent, entrecoupées par des briefings qui m’ont paru un peu hors sujet pour moi, en ce qui concerne le déhanché que je me suis empressé de ne pas mettre en application. Disons que, vers la fin de la journée, je me contentais d’écarter le genou au lieu de le garder serré contre le réservoir, mais avec les fesses qui restaient, elles, bien posées sur la selle.

Petite satisfaction, j’ai doublé deux fois une moto, oui, oui j’ai bien dit doublé, et ce n’était pas une moto qui était sortie de piste ! Une Triumph Daytona 675 rouge avec une conductrice peut-être un peu perdue sur la piste.
D’ailleurs, je suis sûr que je ne serais guère allé plus vite au guidon d’une moto plus puissante et en étant beaucoup plus tendu. Là, avec mes 21 petits chevaux, je n’avais qu’à soigner mes trajectoires et mettre plein gaz à la sortie des virages sans craindre un débordement de puissance.

A la fin de la quatrième session, j’ai même pu suivre une Honda 1000 CBR XX dont le pilote avait manifestement un coup de chaud, alors que je menais sans difficulté le poids plume du petit mono.


Arrivé à la maison, j’ai regardé l’état de mes pneus ; c’est bien la première fois que je vois toutes ces bouloches sur mes gommes, comme quoi la piste sollicite intensément les pneus.

En tout cas, je n’ai pas regretté mes 50 euros car j’ai vraiment du plaisir à enchaîner les tours de circuit et à repousser un peu mes limites. Car, avant cette journée, j’avais conscience que mon cerveau me fixait un seuil de sécurité, notamment au niveau de la prise d’angle et que je n’allais pas au-delà d’un certain degré d’inclinaison.

Sur circuit, même si je n' ai pas tutoyé les llimites de la moto et de ses pneus, j’ai peu à peu pris confiance et osé aller un peu plus loin, car la répétition des mêmes virages au fil des tours permet ce relâchement ; il n’y a pas d’obstacle imprévu dans la trajectoire, aucune plaque de gravillons venant se glisser sournoisement sous les roues .

D’ailleurs, dès le lendemain, je me suis surpris à aborder les ronds points avec une vigueur que je ne me connaissais pas, preuve que le circuit peut apprendre à conduire avec une marge de sécurité plus grande.

Conclusion: je remettrais bien le couvert!

La Honda CBF 250 en action (attention, cela va très vite!)

Circuit Pau Arnos

Circuit Pau Arnos

Circuit Pau Arnos

   Circuit Pau Arnos

Circuit Pau Arnos

Circuit Pau Arnos

 Circuit Pau Arnos

 

Circuit Pau Arnos

 

Circuit Pau Arnos

 

 

 

 
























Comme prévu, le petit mono est partir se dégourdir les pneus sur la côte adriatique du 16 septembre au 8 octobre 2011.

 

 

 

 

 

 

5400 kilomètres au menu et, au final, j'ai été agréablement surpris par les capacités de cette petite moto.

Le confort m'a étonné car je craignais une certaine fatigue somme toute normale quand on est au guidon d'une moto basique pas vraiment destinée à parcourir les routes du monde. En fait, elle est tellement facile à conduire cette moto, grâce à son poids mesuré, sa maniabilité, sa faible hauteur de selle que le corps n'est jamais tendu, avec cette agréable impression de pouvoir faire face à tout imprévu. Et ce relâchement participe grandement au confort. Elle s'est révélée être une monture reposante qui me laissait frais et dispos, même après de longues étapes

Depuis un an que je roule sur cette petite cylindrée,  j'apprécie vraiment le côté "évident" de cette moto.

Le seul endroit où elle n'était pas dans son élément, mais je m'en doutais avant de partir, c'est sur autoroute. A 8000 tours/minute, limite que j'estimais raisonnable pour ne pas faire souffrir le moteur, la vitesse était légèrement inférieure à 120 km/h. Un peu juste pour s'intégrer dans la circulation.


En outre, l'opération de remplissage du réservoir fut, comme à l'accoutumée, un véritable plaisir, surtout que je pouvais comparer ma consommation avec celle de Jean Roland, au guidon de sa Suzuki 650 Bandit.

En moyenne, la Honda a consommé 2,92 litres aux 100 ( 3,6 litres sur autoroute par temps de pluie et avec du vent et 2,4 litres sur les routes montagneuses et défoncées de l'Albanie) et la Suzuki 4,77 litres. 

Sinon, aucun problème mécanique n'a perturbé le voyage et le petit mono n'a pas consommé une seule goutte d'huile tout au long de ces 5400 kilomètres, malgré de longues étapes autoroutières.

Je me suis attaché encore plus à cette petite moto tant elle fait preuve de bonne volonté. Hélas, je crains qu'elle ait vécu son dernier grand voyage car Marie m'a avoué qu'elle ne se sentait pas totalement à l'aise à son guidon. Elle apprécie sa faible hauteur de selle, sa maniabilité, son poids plume, mais habituée à une conduite en souplesse, en douceur sur sa Honda 125 Varadéro, le côté "rustique" du monocylindre refroidi par air la rebute un peu.

Nous avons donc entamé des recherches sur les sites d'annonces espagnols car elle veut rester dans la catégorie des 250, inexistante en France.

D'ailleurs, elle a déjà fait son choix, et je dois reconnaitre qu'il reçoit toute mon approbation!

C'est qu'elle est très belle cette VTR 250 et , comme pourrait le dire un certain Jean de la Fontaine, je pense que son ramage se rapporte à son plumage.

 

 

 

 

 


Tout a une fin et c'est un samedi enneigé qui assiste au départ du petit mono dans un département voisin, les Landes. Ce n'est pas encore finalisé, mais c'est tout comme.

Le motard, propriétaire d'une Yamaha 125 YBR, est venu essayer la Honda 250 CBF. Nous avons discuté un long moment de la moto dont il avait fait connaissance, via mon site.

 

Dans quelques jours, il viendra la chercher.

C'est la première fois que je garde aussi peu une moto, mais je m'y étais attaché car, sous son aspect rustique, elle avait révélé des qualités de routière que je n'aurais pas soupçonnées. Elle est passé en coup de vent, mais a eu le temps de nous offrir une belle virée sur la côte adriatique.

Dix sept mille petits kilomètres et puis s'en va.

C'est maintenant au tour du petit V-twin de nous emmener sur les routes.

Adieu, petit mono, et bonne route à toi.

 

 

 

 

 

 

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