Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Sept cols en sept heures: un menu de choix.

 

 

 

 

 Jeudi 9 mai 2019. Pas de travail aujourd'hui. C'est journée de grève que j'ai légèrement transformée. Plutôt que de défiler dans les rues, j'ai décidé de rouler sur les routes; c'est un nouveau concept! Et même si cela n'apporte pas plus au niveau des résultats, je peux garantir que le taux de plaisir est nettement plus élevé!

Pour commencer, je rejoins Bagnères de Bigorre par les petites routes, celles qui tournent; c'est l'apéritif et il est déjà très bon.

Ensuite, c'est un excellent plat de résistance que j'entame, en laissant le pilote monter en température. La température est douce, le soleil joue à cache-cache avec quelques nuages, ici et là. La montée vers la Hourquette d'Ancizan est un régal. Il n'y a que moi et la nature s'offrant à mon regard.

 

 

 

Puis, j'ai droit à une belle descente avec la vallée au loin.

 

Peyresourde est avalé en trois coups de gaz tant cette CB 500 X excelle dans l'exercice des virages à n'en plus finir. Elle semble n'être jamais rassasiée de virevolter à gauche et à droite. Le col du Portillon impose ses nombreuses épingles à cheveux serrées et des portions parfois mouillées mais il en faut plus pour nous déstabiliser. C'est dans ces moments-là que j'apprécie la légèreté de ma moto qui répond au doigt et à l'oeil devant les pièges de la route qui se révèlent au dernier moment. Je fais demi-tour juste avant l'entrée en Espagne.

 

 

De nouveau la montée du col de Peyresourde. Le moteur "pédale" bien sans qu'il soit nécessaire de monter les régimes. J'ai trouvé le rythme que j'aime tant, celui dans lequel tout s'enchaîne naturellement sans avoir besoin de forcer inutilement. La descente sur un revêtement parfait m'incite à augmenter la cadence. A plusieurs reprises, je me dis qu'il faudrait m'arrêter pour manger un peu mais l'envie de rouler est la plus forte. 

Arreau. J'entame la montée du col d'Aspin sur le versant le plus sympa pour un motard (un peu moins pour le cycliste vu sa longueur!). Ma confiance grandit et j'inscris la moto avec délectation dans les virages serrés. Sa partie cycle est vraiment excellente. 

Par chance, le col du Tourmalet vient d'être ouvert et, après avoir brièvement hésité à m'arrêter à l'auberge de Sainte Marie de Campan, je prends la direction de La Mongie. Après Artigues, le dénivelé devient important mais le bicylindre ne rechigne pas à la tâche et il confirme ses bonnes dispositions malgré ses "seulement" 47,5 chevaux.

 

Descente sur Barèges, je note avec plaisir que l'ordinateur de bord annonce une consommation mesurée. Elle augmente modérément dans les montées et diminue sensiblement dans les descentes.

A Luz Saint Sauveur, il y a un groupe de motos près des restaurants mais je continue ma route. 

Argelès Gazost. Allez! Un dernier petit col avant de rentrer à la maison. Cela fait six heures que je roule et je choisis ce moment pour en "rajouter" au niveau du rythme. C'est bien le signe d'une moto reposante. Sa facilité de conduite préserve mon corps et je suis encore très lucide pour enquiller les derniers kilomètres avant le sommet en mode "sportif" (je mets des guillemets pour éviter de me faire moquer par des amis motards proches!).

Arbéost. Ferrières. La route est sinueuse et je continue ma moisson de passages de vitesses. Cela se fait si rapidement et si facilement sur cette CB 500 X; ce serait dommage de s'en priver!

Je retrouve la plaine de Nay et je me laisse glisser jusqu'à Pau en respectant les limitations de vitesse (enfin, presque, celles d'avant, à 90 km/h).

Avant d'arriver à la maison, je m'arrête à la station d'essence. J'aimerais vérifier l'exactitude de l'ordinateur de bord qui m'indique une consommation moyenne très basse de 2,8 litres. Je rajoute 8,08 litres pour 286,1 kilomètres parcourus depuis le dernier plein effectué tout à l'heure à Bagnères de Bigorre, soit 2,82 litres aux 100! J'ai le sentiment que le vent m'a été favorable dans certaines montées où je sentais un moteur particulièrement vivace et je n'ai pas explosé les chronos mais il y a eu quand même sept ascensions au programme! Ce moteur m'épate! Il m'a comblé pendant ces 365 kilomètres montagneux.

Pour ceux qui ne me trouvent pas assez objectif, qu'ils sachent que j'ai rencontré un possesseur de CB 500 X, lundi soir. Il a passé la nuit à la maison alors qu'il revenait d'un voyage au Portugal, une excellente manière de la roder. Nous avons discuté de sa moto et il en est aussi ravi que moi. Et comme il est à la retraite, il a du temps pour voyager. Sa moto a dépassé les 7000 kilomètres et je pense que ce n'est qu'un début. Bons futurs voyages, Jan-Jac!