Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Quatrième partie:1993-2007 (2014-....), le bonheur motocycliste ou quatorze années (et plus....) au guidon de mes trois (quatre) Honda Transalp - Tutoro, le graisseur de chaîne qui simplifie la vie

 

 

 

 Je me souviens de l’arrivée sur la marché de la moto d’un système de graissage de chaîne, dénommé Scottoiler, il y a plus de 25 ans.

Au départ, je m’y étais intéressé, sans plus, car je roulais avec ma Honda VTE 500, munie d’un cardan. Puis, après la 750 XLV, je me suis tourné vers la Transalp. Je roulais alors beaucoup (30-35 000 kilomètres par an) et ma chaîne de transmission, bien qu’entretenue avec soin, ne dépassait guère les 30 000 kilomètres.  

Pour autant, je n’ai jamais osé tenter l’expérience, d’une part parce que ce système était quand même assez cher et parce que j’avais un doute sur la réelle longévité supplémentaire qu’il offrait à ce petit bout de métal soumis à bien des agressions au cours de sa vie.

Au fond de moi, je me disais qu’il était bien plus important d’éviter les outrages du temps que de les traiter en proposant un simple carter de chaîne étanche dont j’avais pu louer l’efficacité sur ma Honda 125 CG (50 000 kilomètres avec une chaîne de l’ancienne génération sans joints toriques).

Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. C’est en effet après 800 000 kilomètres parcourus que je me suis décidé à investir dans ce matériel. L’achat de ma quatrième Transalp et l’installation d’un kit chaîne neuf dans la foulée m’a donné envie d’essayer. Vu le prix réduit de ma nouvelle acquisition, je ne me voyais pas investir une somme trop élevée dans ce matériel. Heureusement, depuis la création de Scottoiler,  il y a  eu d’autres fabricants qui ont présenté des produits similaires.  J’avais retenu, notamment, cette entreprise anglaise, Tutoro, qui proposait un graisseur basique et bon marché, et qui avait été bien jugé par Moto magazine, le 60 millions de consommateurs des motards.

Allez, je me lance donc et commande, via internet, mon graisseur Tutoro à double sortie pour un peu moins de 30 euros.

Même pour un piètre mécano comme moi, l’installation se révèle être facile. Il faut dire que le matériel est basique. Un minuscule bocal avec un robinet, une longue durite et un diffuseur en fourche. Pas de branchement électrique ou sur les pipes d’admission comme sur les concurrents ou sur le modèle plus sophistiqué de la marque Tutoro.

Les premiers tours de roues sont hésitants car il faut arriver à déterminer quel est le meilleur réglage pour un débit approprié.

Ensuite, c’est une tranquillité qui s’installe. Plaisir de voir sa chaîne toujours légèrement huilée. J’utilise de l’huile de tronçonneuse et cette dernière nettoie la chaine des impuretés. Fini le magma qui se formait avec les bombes à graisse.

Mon appréhension première était l’obligation d’ouvrir le robinet d’écoulement au moment du départ et de le fermer à l’arrivée. En fait, c’est très rapidement devenu un réflexe et je dois dire que j’aime assez devoir gérer moi-même son fonctionnement. Je crois que je suis un peu réticent devant certaines techniques qui s’imposent peu à peu (GPS, anti-patinage, suspensions pilotées, ….). Elles nous font peu à peu prendre contact avec la réalité, nous isolent et nous rendent dépendants. J’aime consulter ma carte, j’aime sentir le chemin à prendre, j’aime doser ma poignée de gaz quand l’adhérence devient incertaine. Avec mon Tutoro, c’est la même chose, je me baisse et j’ouvre le robinet dont je connais maintenant la position idéale. Un petit rituel de plus avant de prendre la route sur ma moto.

Je n’ai pas encore parcouru assez de kilomètres pour me faire une idée précise des bienfaits de ce matériel mais, après plus de 22 000 kilomètres sans avoir à retendre ma chaîne, je commence à penser que cela ne s’annonce pas trop mal. C’est la première fois que je parcours autant de kilomètres sans tension de chaîne.

(31 décembre 2015: je viens de franchir le cap des 28 000 kilomètres, et toujours rien à signaler. La chaîne me semble juste un peu plus détendue mais je n'y ai pas encore touché! Résultat plus que probant!). 

En outre, j’éprouve un plaisir certain en roulant tout en sachant que, là-dessous, une petite durite de rien du tout dépose, régulièrement, une goutte d’huile au niveau de la couronne arrière pour le plus grand bonheur de ma chaîne de transmission.

Bien sûr, j’aurais aimé un bocal plus grand pour plus d’autonomie, mais j’ai recyclé une vieille burette d’huile vide qui a pris sa place dans la sacoche de réservoir, prête à faire le plein dudit bocal. Comme le faisaient auparavant ceux qui roulaient en deux temps, en remplissant régulièrement le réservoir d’huile destiné au graissage séparé de leur moteur.

 

3 juin 2016: je viens pour la première fois de retendre ma chaîne, après 33500 kilomètres parcourus. Impressionnant!

J'ai donc passé un peu moins de deux ans à me contenter de remplir, de temps en temps, le petit réservoir avec de l'huile de tronçonneuse. Ma satisfaction est totale, j'ai retrouvé le plaisir que j'avais avec ma XLV 750 et ma VTE 500, munies d'un cardan; rouler sans avoir à se préoccuper de ce qui se passe au niveau de la roue arrière.