Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

QJ Motor SRT 450 RX. L'autre petit trail chinois.

 

 

Impossible de l’ignorer dorénavant. Les motos chinoises ont sérieusement entamé leur implantation sur notre territoire national. Les pannonceaux dédiés aux marques chinoises s’affichent sur les devantures des concessions. A Tarbes, c’est la marque QJ Motor qui vient d’arriver chez le concessionnaire Kawasaki. Il y a quelques semaines, j’avais pu essayer la 600 SRT en attendant de pouvoir me mettre au guidon de la 450 dont j’avais hâte de connaître le potentiel.

 

Ce vendredi 7 août 2026 me semble être le bon jour pour ce faire. D’abord parce qu’un beau soleil est annoncé et ensuite parce que la fermeture pour les vacances approche et que je n’ai pas envie de repousser plus longtemps cet essai. J’arrive sans avoir prévenu à l’ouverture de la concession et, par chance, la moto est disponible pour quelques heures.

 

 

 

 

 

En l'examinant, je lui trouve une certaine ressemblance avec la CF Moto MT 450. Même gabarit, orientation tout terrain assumée pour les deux motos avec le garde boue haut, cylindrée identique (449 cm3).

Premier écueil au moment où j’enfourche la moto, c’est la hauteur de selle. Mon 1,74 m est un peu juste pour me sentir à l’aise avec juste la pointe des pieds reposant à terre. Comparé à sa rivale toute désignée, la CF Moto MT 450, la différence est notable. Pourtant les chiffres des constructeurs font état de 5 mm de différence entre les deux (820 pour la CF Moto, 825 pour la QJ Motor). Manifestement, les appareils de mesure utilisés ne sont pas les mêmes ! Personnellement, je dirais que l’on est plus près des 870 mm que des 825 mm…

 

 

Je tourne la clef de contact, le tableau de bord en position verticale se réveille. L’écran est plutôt petit mais la lisibilité est bien présente. Comme c’est l’habitude sur les motos chinoises, la pression des pneus s’affiche, une bonne chose quand je vois le nombre de motards roulant avec des pneus sous-gonflés.

 

 

 

Pression sur le démarreur. Le bicylindre de 449 cm³ dégage un bruit assez contenu au niveau du pot d’échappement. Moins agréable, ce sont les bruits mécaniques diffusés au niveau du cylindre.

 

 

Nous avons un peu moins de trois heures avec Bruno, mon fidèle compagnon de route toujours prêt pour une balade pyrénéenne (mais aussi pour assurer les photos en dynamique. Merci Bruno!). Je débraye et relâche le levier qui me laisse une impression bizarre. Il est inconsistant dans son maniement et il est difficile de ressentir le point de patinage.

Nous quittons Tarbes et je remarque immédiatement le manque de fluidité de la transmission lors des changements de rapport quand on est en mode tranquille. Je retrouve le domaine dans lequel les motos chinoises sont perfectibles. Pourtant, la SRT 600 m’avait montré que, chez QJ Motor, on savait faire du bon boulot dans ce domaine. Mais, manifestement, ce n'est pas encore le cas chez la petite soeur!

Le moteur montre un caractère sympathique avec une souplesse bienvenue; il est en outre bien rempli dans la première partie du compte-tours qui restera mon choix devant le très faible kilométrage de la moto (18 kilomètres au départ). La boîte de vitesses montre aussi des qualités avec un sélecteur précis dans son maniement; elle accepte très bien les passages à la volée.

Je suis surpris par les bruits de roulement très nets qui se manifestent au niveau du train avant, notamment dans les phases de décélération, avec un vrombissement trop présent. A mettre sur le compte des pneus d'après moi, mais c'est la première fois que des gommes à orientation tout-terrain sont aussi bruyantes.

 

 

Alors que nous nous "faufilons" sur les routes étroites nous menant sur les coteaux, je suis encore en phase de compréhension de la moto. Une sacrée différence avec une de ses rivales, la KLE 500 avec laquelle je m'étais senti comme " à la maison" dès les premiers tours de roues. Dans la montée après le village d'Allier, les lacets serrés mettent en évidence un train avant offrant une petite résistance à la mise sur l'angle. Je m'aide systématiquement du frein arrière pour contraindre la moto à garder la corde.

 

 

Nous arrivons sur les hauteurs et la route se fait plus ouverte. Cela me permet de mettre un peu plus de tension dans la poignée de gaz et favorise une plus grande fluidité dans le passage des vitesses. C'est l'occasion de constater qu'elle tire très court, cette moto, à l'image de sa concurrente la CF Moto MT 450. A 6000 tours/minute en 6ième, le compteur affiche un petit 102 km/h. Le bicylindre est bien rempli (bien aidé par cette courte démultiplication).

Petite déception au niveau des suspensions qui réagissent un peu fermement sur les inégalités de la route. Je m'attendais à mieux compte tenu des débattements même si, étrangement, ils ne sont pas mentionnés dans le fiche technique officielle du constructeur. Je table sur 200 mm environ. A noter qu'il y a des réglages en hydraulique aussi bien à l'avant qu'à l'arrière mais nous n'avons pas eu le temps de nous pencher dessus. J'espère qu'ils auront une réelle incidence sur les suspensions (à la différence par exemple de la Zontes 703...).

Avant d'arriver à Bagnères de Bigorre, nous bifurquons direction les Baronnies, un terrain particulièrement adapté à une telle moto au poids contenu (196 kilos tous pleins faits) et promettant de belles dispositions routières sur les routes sinueuses.

La position de conduite est naturelle avec un large guidon et des jambes bien dépliées. Je suis par contre moins à l'aise lors des demi-tours pendant les séances photos, la faute à cette hauteur de selle trop importante. L'absence de ressenti au niveau du levier d'embrayage a occasionné deux calages depuis le départ. Il faut dire que je n'aime pas faire cirer l'embrayage et je suis un adepte d'un accompagnement doux et précis du levier. Bref, cette moto ne se livre pas comme sa grande soeur, la SRT 600 au guidon de laquelle je m'étais posé moins de questions.  

 

 

L'heure tourne et il va être temps de rentrer. La traversée des Baronnies à un rythme plus enlevé convient mieux à la machine. Les vitesses s'égrènent rapidement d'une "chiquenaude" sur le sélecteur et le bicylindre respire bien tout en me limitant à 6000 tours/minute. Le train avant oppose toujours une légère résistance dans les virages serrés comparé à ma moto personnelle. La roue de 21 pouces doit participer à cette inertie mais la CF Moto et la KLE 500 m'avaient semblé plus réactives au niveau du train avant. Le levier de frein nécessite un engagement franc des doigts sans pour autant que le mordant soit réel.  

 

 

Heureusement, le frein arrière puissant et progressif, avec une pédale accessible, permet de contrebalancer cette caractéristique. Qu'on ne s'y méprenne pas, je ne suis pas en train de dire que cette 450 est un camion, loin de là. Car, en dehors des épingles, grâce à une partie cycle neutre, elle se laisse aisément mener à un bon rythme avec un large guidon aidant le placement.

 

 

Le moteur participe au plaisir éprouvé durant ces 30 kilomètres où il a fallu enchaîner les multiples virages sur ce sinueux parcours. Il a un coté joyeux dans son comportement. Une nouvelle fois, la comparaison avec ma CB 500 X personnelle montre une réelle différence de caractère moteur avec un coté tracteur pour la Honda et quelque chose de plus dynamique avec la QJ Motor (ou la CF Moto MT 450). Résultat, pour le même rythme, je limite mes régimes à 4000 tours/minute sur ma Honda et à 6000 tours/minute avec les deux motos chinoises. Et cela change tout au niveau du ressenti. On est plus dans une ambiance sport au guidon de cette 450. La faible inertie du moteur est d'ailleurs très présente quand on actionne la poignée de gaz au point mort avec une vive montée en régime.

Je garde une petite retenue dans les mises sur l'angle que je mets sur le compte des pneus (CST Ambro ) notamment l'avant qui ne me donne pas un sentiment d'adhérence totale même si je n'ai jusqu'à présent eu aucune alerte.

La "vieille" route comme on la surnomme entre Bagnères de Bigorre et Tarbes est plus roulante. Le minuscule pare-brise (pourtant en position haute) offre une protection limitée et la selle ne devrait pas trop convenir aux sensibles du fessier.

 

 

 

A 7000 tours/minute sur le dernier rapport, la vitesse affichée est de 118 km/h; autoroute à proscrire pour cette moto si l'on ne veut pas flirter avec la zone rouge...

La rentrée dans Tarbes remet en avant les imperfections constatées dès le départ avec ces à-coups à la remise des gaz à bas régime. Ce n'est pas en ville qu'elle sera le plus à l'aise...

L'heure du bilan a sonné pour la moto chinoise. Je ne peux m'empêcher de la comparer à la KLE 500 essayée en avril dernier. Sur la moto japonaise, tout m'avait semblé "ajusté" alors que la QJ Motor est moins aboutie. Levier d'embrayage inconsistant, transmission perfectible en mode tranquille avec ce petit à-coup à la remise des gaz, train avant moins "serein" (la faute aux pneus?), frein avant manquant un peu de mordant. Elle a pour elle un moteur très agréable, souple, linéaire et aimant monter dans les tours avec une boîte de vitesses précise et rapide dans son maniement, un châssis réussi et un équipement fourni. Pneus tubeless, valves coudées, protections tubulaires, sabot moteur, protège-mains, poignées et selle chauffantes, porte bagages, phares additionnels font partie de la dotation d'origine.

 

Personnellement, sauf à vouloir fréquenter régulièrement les chemins, la SRT 600 SX Touring me parait plus homogène que sa petite soeur, pour seulement 600 euros de plus (mais avec la bagagerie incluse). Plus apte à tailler la route avec un moteur plus coupleux et fonctionnant à des régimes moins élevés, elle conviendra mieux aux adeptes des longs parcours. La 450 sera plus joueuse sur les petites routes sinueuses avec un poids inférieur de 24 kilos et pourra plus aisément s'aventurer sur les chemins même si ses 196 kilos me paraissent de toute façon trop élevés pour du véritable tout-terrain.

 

PS: ce samedi 8 août, je suis passé à la concession muni de mon mètre. Je voulais en avoir le coeur net au sujet de la hauteur de selle.  Résultat: 870 mm mesurés...

Dimanche 16 août. J'avoue ne pas comprendre. Lors de mon essai, j'étais peu à l'aise dans les manoeuvres au pas avec la QJ Motor compte tenu de se hauteur de selle. Or, non seulement le constructeur annonce une hauteur très raisonnable de 825 mm, mais je viens de lire deux essais dans des revues qui me contredisent. Tout d'abord, dans le numéro spécial essais de Trail Adventure il est mentionné: "sa selle suffisamment basse permet à un pilote de 1,75 m de poser facilement les deux pieds au sol". Or, je mesure 1,74 m...

Dans le dernier Moto Magazine, un comparatif des trails 450 ne mentionne à aucun moment cette hauteur de selle élevée n'est mise en avant. Le journaliste, après avoir parlé de la BMW F 450 GS de "la plus basse, la plus compacte", indique que la QJ Motor est "encore plus basse, presque aussi fine mais plus longue".

J'ai vérifié, il n'y a qu'une version de la SRT 450 RX et la hauteur de selle officielle est de 825 mm. Je n'ai donc aucune explication à donner, juste la certitude que j'ai été gêné par cette hauteur de selle mais pas les journalistes à priori!

 

 

 

 

 

 

 

 

Caractéristiques
 techniques

 

Moteur : Bicylindre en ligne, 8 soupapes

Cylindrée : 449,5 cm³ 

Puissance maxi : 47,5 ch (35 kW) à 9 500 tr/min

Couple maxi : 41,0 Nm à 8 000 tr/min

Alésage x course : 70 x 58,4 mm

Refroidissement : Liquide

Alimentation : EFI

Démarrage : Électrique

Embrayage : Multidisque à bain d'huile

Transmission : 6 vitesses, chaîne

Suspension avant : Fourche inversée réglable Marzocchi

Suspension arrière : Amortisseur arrière réglable à bonbonne séparée

Pneu avant : 90/90-21 Tubeless

Pneu arrière : 140/70-18 Tubeless

Frein avant : Simple disque Ø 320 mm Brembo (ABS)

Frein arrière : Simple disque Ø 260 mm Brembo (ABS)

Longueur x largeur x hauteur : 2 240 x 935 x 1 390 mm

Empattement : 1 525 mm

Hauteur de selle : 825 mm (870 mm vérifiés par mes soins!)

Garde au sol : 225 mm

Poids tous pleins faits : 196 kg

Capacité réservoir : 18 L 

Équipement : Protège-mains et sabot de série

Selle et poignées : Chauffantes

Connectiques : USB-A et USB-C

Feux : Full LED

Écran : TFT 5’’ (Bluetooth, navigation)

Bulle : Réglable manuellement

2 modes de conduite : Standard / Sport

Aide à la conduite : Contrôle de traction

Connectivité : Bluetooth, navigation

Homologation : E5+

 

Prix: 6299 euros