Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Yamaha Tracer 7. Un grand pas en avant.

 

 

 

Il y a neuf ans, l’essai que j’avais réalisé au guidon de la nouvelle Tracer 700 ne m’avait pas laissé des traces indélébiles…

 

 

En attendant l’arrivée de la Ténéré 700 tant désirée, je m’étais dit qu’il était bien de pouvoir déjà tester son moteur, vu qu’il était prévu qu’elle le partage avec sa sœur la Tracer 700.

 

J’avais ressenti une profonde déception après cette heure au guidon. Moto vive, beaucoup trop vive au niveau de la partie cycle avec un train avant peu sécurisant, fourche avant réagissant trop violemment aux inégalités de la route, sentiment étrange à son bord, avec l’impression d’une moto courte et enfin un moteur avec deux facettes trop marquées pour moi avec une envolée "sportive" après 6000 tours/minute après un fonctionnement manquant de nerf dans la première partie du compte-tours. Cette moto, comme sa grande soeur, la Tracer 900 puis Tracer 9, va connaître un beau succès et Yamaha va l'améliorer au fil des années pour gagner en homogénéité.

Ainsi, en 2020, une nouvelle version apporta son lot de modifications:

  • Nouvelle face avant
  • Phares à LED à double projecteur et feux de position
  • Moteur CP2 Euro5
  • Suspensions avant et arrière réglables
  • Fourche à cartouche
  • Nouveaux settings de suspension
  • Bulle réglable manuellement en hauteur (65 mm)
  • Guidon plus large
  • Selles pilote et passager revues
  • Nouveau tableau de bord LCD à fond noir
  • Commandes du tableau de bord au guidon
  • Couronne arrière plus grande (+ 2 dents)
  • Nouvelle forme de réservoir (même capacité de 17 l)
  • Hauteur de selle : + 5 mm
  • Empattement : + 10 mm

 

En 2023, le changement fut beaucoup plus léger avec un tableau de bord passant du LCD en affichage rétro-négatif au TFT couleurs beaucoup plus lisible.

 

2025 est une année importante pour Yamaha car la Tracer 7 arrive avec  pas mal de modifications. Cadre rigidifié, fourche inversée, nouveaux étriers de frein avant, bras oscillant rallongé, esthétique modifiée.... la liste est longue. Coté moteur, il y a bien sûr la mise en conformité avec les nouvelles normes européennes anti-pollution.

J'aime quand un constructeur reste fidèle à un modèle de sa gamme et lui apporte au fil des années les modifications allant dans le sens d'une amélioration générale de la moto sans s'éloigner de ses qualités originelles.

J'avais donc très envie de me remettre au guidon de cette Tracer 7 modèle 2025 dont je pressentais un comportement plus en phase avec mes aspirations. Il faut dire que les réactions de certains journalistes m'avaient mis la puce à l'oreille. Certains se plaignaient que le moteur ait perdu son coté "pétillant"; je sais pour l'avoir plusieurs fois vérifié que ce que les professionnels considèrent comme un défaut peut être une qualité à mon niveau...

Quoi de mieux qu'un vendredi de début d'automne pour me faire ma propre idée sur cette Tracer 7.

Une visite à la concession Yam65 de Tarbes s'impose. Thomas a une moto d'essai disponible et il accepte de me la laisser pendant la pause de midi. 11h30-14h30 en fait, et ces 3 heures me paraissent idéales pour avoir le temps de me faire une idée de la machine.

Je vais commencer par les défauts ... elle est noire et je n'aime pas cette "couleur". Tant pis, les photos seront moins belles!

Pression sur le démarreur. Le bicylindre se réveille dans un bruit feutré. La hauteur de selle est relativement élevée, proche de celle des trails à tendance routière; personnellement, cette position légèrement surélevée me convient parfaitement.

 

 

Je relâche l'embrayage très progressif et m'engage sur la route de Lourdes. Je suis à l'écoute de la moto avec encore en tête ma déception lors de mon essai fin 2016. Je monte les rapports sur un filet de gaz, le moteur réagit avec douceur et progressivité. Je me sens bien installé; terminée cette sensation que j'avais eue d'une moto très courte, avec un pilote proche du train avant. Le guidon est plus large et plus haut et cela change également mon ressenti. Avant de partir, j'ai mis la bulle en position haute.

 

 

Au final, tout cela donne un résultat très satisfaisant, je me sens bien, le moteur montre une belle disponibilité tout en douceur alors que je remonte la file de voitures avant le feu rouge de Juillan. Dans la ligne droite qui suit, le sixième rapport permet de me retrouver à 4000 tours/minute à la vitesse de 95 km/h dans un environnement feutré.

Le rond-point serré pour emprunter la route de Bénac à gauche est passé en 3ième sur un filet de gaz. L'accélération qui suit est progressive et, après trois essais successifs de motos chinoises perfectibles dans ce domaine, quel plaisir de retrouver une connexion poignée de gaz-injection parfaite! Les constructeurs japonais sont passés maîtres dans cet exercice et c'est tellement agréable au quotidien.

Ces quelques kilomètres m'ont rassuré, la Yamaha Tracer 7 a nettement progressé depuis son arrivée sur le marché. Elle me parait désormais très homogène et j'ai hâte d'arriver sur les premiers virages pour affiner mon point de vue. La première mise sur l'angle apporte rapidement la réponse, le train avant est devenu plus sécurisant avec une progressivité  qui lui faisait défaut auparavant. Terminée cette vivacité excessive qui m'avait perturbé. Je ne me pose plus de questions, balance la moto à droite, à gauche, naturellement, avec une fourche qui me parait également avoir progressé en qualité d'amortissement. J'avais le souvenir de réactions brutales en rentrant dans des virages au revêtement imparfait. Bref, je suis aujourd'hui nettement plus détendu au guidon de la moto.

 

 

Je prends peu après la direction d'Averan, ce qui signifie un niveau d'exigence plus élevé. En effet, la route se fait plus étroite, sinueuse, bosselée parfois. Il y en a un qui continue à me faire plaisir , c'est le célèbre CP2 qui officie sous le réservoir. J'aime sa belle disponibilité à bas régime; dès 2000 tours, il répond présent et montre une présence solide entre 3 et 5000 tours/minute. Je traverse ainsi Averan sur un filet de gaz en 4ième à 40 km/h. La moto s'inscrit avec aisance dans les virages les plus serrés dans la montée qui suit. La boîte de vitesses est précise, même si elle n'a pas l'extrême netteté et douceur de ma moto personnelle. J'arrive sur les hauteurs et fais une halte pour quelques photos, l'occasion de voir que le rayon de braquage est simplement moyen (je reconnais être difficile dans ce domaine habitué à celui des trails).

 

 

 

La descente jusqu'au lieu dit Les Granges se fait en musardant avec le bicylindre ronronnant dans les bas régimes. Le frein avant répond présent avec une attaque franche du levier mais avec une progressivité bienvenue. Quant au frein arrière, je lui reproche une pédale possédant une trop longue course et sollicitant de fait la cheville droite.

 

 

Le parcours se poursuit jusqu'à Julos, puis Paréac. La route se fait parfois bosselée et l'amortisseur se manifeste alors avec des réactions trop sèches. Il est peut-être là, le défaut de cette machine...

 

 

La montée de Loucrup au revêtement lisse me comble d'aise avec un moteur très bien rempli et une partie cycle facile. Sur ce tronçon où j'augmente le rythme, je perçois les effets bénéfiques de ce cadre rigidifié et de ce bras oscillant rallongé; la moto montre une grande stabilité générant chez moi un sentiment agréable de sécurité. Autant j'étais trop souvent resté sur la réserve en 2016,  autant je me "lâche" aujourd'hui sur une Tracer 7 évidente dans son pilotage. Un beau pas en avant!

Elle me donne envie de poursuivre mon itinéraire sur les routes sinueuses. Je prends donc la direction d'Astugue et le charme continue d'opérer. 

Le tableau de bord sur fond blanc est lisible mais je regrette qu'il n'y ait pas un compte-tours reproduisant l'aiguille des tableaux de bord à l'ancienne, d'une lecture immédiate. De même, je souhaiterais que l'on puisse opter, comme chez Honda, pour le fond noir car ce dernier permet d'offrir un bien meilleur contraste.

 

 

 

Je rejoins Bagnères de Bigorre. Le col d'Aspin n'est pas très loin. Sur la route qui y mène, mon rythme devient plus soutenu. J'aime cette position de conduite détendue avec un guidon large que j'ai bien en main, des repose-pieds bien placés avec des jambes pas trop repliées.

Quand la vitesse augmente, le pare-brise, même en position haute, montre ses limites au niveau de la protection. Il faut bien justifier la présence d'un modèle GT offrant un équipement supérieur pour celles et ceux qui aiment rouler loin et longtemps (réglage déporté de la pré contrainte de l'amortisseur, une paire de valises de 30 litres de série associée au coloris de la machine, la présence d’une béquille centrale ayant nécessité la refonte de sa forme et de celle de l’échappement afin de ménager la garde au sol, poignées chauffantes d’origine, selle confort rehaussant légèrement la hauteur et bulle prenant de la hauteur (90 mm), plus couvrante et réglable en hauteur sur 60 mm).

 

 

Je continue à apprécier ce moteur rond, disponible à tous les régimes et qui n'impose pas de fréquenter le haut du compte-tours pour bien avancer. Il le montre dans la montée du col, après Payolle, avec des reprises vigoureuses en sortie d'épingle sur le troisième rapport. Quand je vois certains trouver une 700 cm3 avec 73,4 chevaux un peu juste, j'avoue ne pas comprendre. Je trouve au contraire que ce moteur offre une puissance largement suffisante d'autant qu'elle est disponible très tôt avec une plage 3-5000 tours/minute vraiment solide et il a le mérite d'être parfaitement exploitable, me permettant de rouler à un très bon rythme en toute décontraction. Et j'aime les motos faciles ET efficaces, ce qui est le cas avec cette moto grâce à une partie cycle qui a bien progressé. Je sens une plus grande progressivité dans la mise sur l'angle (comparée au modèle 2016) qui donne une grande confiance dans le train avant. Le guidon plus large et plus haut participe à ce sentiment de sérénité qui m'enveloppe. Les pneus Michelin Road 6 jouent certainement leur rôle dans cette belle partition.

 

 

La descente jusqu'à Arreau me permet de confirmer mes impressions. Voilà désormais une Tracer 7 très homogène acceptant la conduite calme comme le pilotage plus soutenu.

 

 

 

La suite de mon parcours jusqu'à Capvern est l'occasion de tester la machine dans des courbes plus ouvertes à des vitesses plus élevées. Stabilité impériale peut-être due aussi à ce bras oscillant rallongé. Le moteur tire relativement long et permet de rouler à des régimes assez bas. A 5000 tours/minute, la vitesse est de 125 km/h et le moteur ne demande qu'à aller plus haut.

Le hiatus dans ce bel environnement, ce sont les réactions des suspensions vraiment trop fermes sur les cassures de la route. L'amortisseur ne me parait pas l'élément le plus réussi de la moto... Un adaptable de qualité pourrait être une bonne option pour ceux qui fréquentent, comme moi, les axes routiers reculés au revêtement souvent inégal.

Au niveau ergonomie, j'ai du mal à me faire avec cette commande de clignotants spécifique depuis le début. Il doit falloir une période d'adaptation pour s'en servir naturellement.

L'heure tourne et il est temps de rentrer.

C'est à 14h30 pile à l'horloge du tableau de bord que je pénètre sur le parking de la concession. Quelle précision!

C'est avec le sourire que je rends les clefs à Thomas. J'ai passé trois heures vraiment agréables sur cette nouvelle mouture de la Tracer 7. Yamaha a fait du beau travail pour aboutir à une moto très équilibrée. Mes critiques à son égard seront limitées: bulle à la protection un peu juste, levier d'embrayage non réglable (en fin d'essai, j'ai ressenti le besoin de l'avoir plus proche de moi pour moins de tension au niveau des doigts), amortisseur manquant clairement de performance avec des réactions trop sèches sur les inégalités de la route (139 mm de débattement). J'ai également un doute sur le confort de la fine selle sur les longs parcours bien que n'ayant ressenti aucune douleur pendant ces trois heures (mais n'oubliez pas que j'ai des fesses "en béton").

Les qualités sont nombreuses, à commencer par ce moteur très agréable et disponible. Preuve de ce caractère, je n' ai à aucun moment éprouvé le besoin de le solliciter dans la deuxième partie du compte-tours bien qu'ayant régulièrement roulé à un bon rythme. Je l'ai fait une fois, juste pour pouvoir en parler. Résultat: le bicylindre monte en régime avec vigueur et permet de se retrouver très rapidement à des vitesses prohibées.

Cela ne m'a pas étonné tant il m'a montré un sacré rendement tout au long de mon essai, ne donnant jamais l'impression d'être "à la peine". Preuve de cela, c'est une consommation très mesurée puisque l'ordinateur a affiché 4,1 litres/100 au terme de cet essai. Avec un réservoir à la capacité augmentée d'un litre (19 litres), l'autonomie sera généreuse.

 

 

La partie cycle est désormais beaucoup moins pointue qu'auparavant et elle m'a permis d'enquiller les multiples virages de ce parcours en toute sérénité, bien aidé également par un freinage efficace et progressif. J'aurais juste aimé une pédale de frein plus accessible sous le pied pour une réponse plus immédiate.

PS: Je viens de regarder les photos prises et il m'est apparu évident que  l'arrière de la moto très fin avec un garde-boue riquiqui va générer des sacrés projections d'eau sous le pluie. C'est aussi le cas, dans une moindre mesure pour le garde-boue avant. C'est trop souvent le lot des motos actuelles qui privilégient l'esthétique au détriment des aspects pratiques.

PS2: j'ai testé le Mode Sport (facile à actionner par un bouton sur le commodo droit) à 30 kilomètres de l'arrivée. Puis, j'ai oublié que je l'avais sélectionné. Je m'en suis rendu compte peu avant de pénétrer dans Tarbes uniquement parce que je l'ai vu affiché sur la tableau de bord. Je ne m'étais rendu compte de rien au niveau du comportement moteur...

 

 

 

 

            Yamaha Tracer 7 2025                                                     

Moteur

Type Bicylindre, quatre temps
Refroidissement Liquide 
Distribution

Double ACT, 8 soupapes

Cylindrée 689 cc
Alésage x course 80 mm x 68,6 mm 
Taux compression 11,5 à 1
Puissance 73,4 ch à 8750 tr/mn
Couple 68 Nm à 6500 tr/mn
Gestion moteur  Injection électronique
Homologation Euro5 +
Conso annoncée 4,1 L/100km
Émissions CO2 97 g/km

Transmission

Embrayage  Multidiques en bain d'huile
Commande Par câble
Boîte de vitesse 6 rapports 
Transmission finale  Par chaîne 

Partie cycle

Cadre Tubulaire acier, type Diamant
Suspension Av Fourche inversée de 41 mm, réglable en détente
Suspension Ar

Monoamortisseur avec biellettes, réglable en précharge et détente

GT : molette de précharge déportée

Frein Av Double disques de  298 mm, étriers radiaux 4-pistons
Frein Ar Simple disque de 245 mm, étrier 1-piston
ABS Non désactivable 
Jante Av A bâtons
Jante Ar  A bâtons

Dimensions, poids, capacités

Longueur 2135 mm
Largeur 875 mm
Hauteur

Standard : 1330 / 1390 mm

GT : 1425 / 1480 mm

Empattement 1495 mm
Débattement Av 130 mm
Débattement Ar 139 mm
Hauteur de selle

Standard : 830 / 850 mm

GT : 845 / 865 mm

Garde au sol 140 mm 
Angle de chasse 25,2 °
Chasse 99,1 mm
Pneu AV 120/70/17  M/C (58W)
Pneu AR 180/55/17 M/C (73W)
Réservoir 18 litres
Poids tous pleins faits

Standard : 203 kg

GT : 219 kg avec valises (212 kg sans valises)

Instrumentation
Type  Écran TFT couleur 5 pouces avec connexion bluetooth
Infos VItesse, régime moteur, rapport engagé, trips journaliers, trip de réserve, consommations moyenne et instantannée, heure, températures moteur et air, modes de conduites (Street, Sport et Custom), téléphonie, navigation GPS
Informations commerciales
Disponibilité  Juillet 2025 dans le réseau Yamaha
Coloris

Standard : Rouge "Redline" ou Black "Midnight"

Bleu "Icon Performance" ou Noir "Tch"

Garantie  5 ans pièces et main d'oeuvre
Compatibilité A2  Oui
Prix

Standard : 9999 euros

GT : 11 499 euros